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Pas d’excuses, svp

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Il faut se désoler des excuses formulées sous forme de réserves qu’a exprimées la semaine dernière la ministre de la Condition féminine, Isabelle Charest. À ses yeux, a-t-elle dit, le hidjab est un signe d’oppression.

À quelques semaines du dépôt du projet de loi sur la laïcité, qui interdira les signes religieux aux policiers, juges, gardiens de prison et enseignants, les adversaires fourbissent leurs armes.

À vrai dire, si le premier ministre François Legault se laisse ébranler par tous ceux qui estiment que sa loi est scélérate, le débat est d’ores et déjà inutile.

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Ottawa veille au grain afin de mettre en échec la conception québécoise de la laïcité dont on ne trouve pas d’équivalent au Canada anglais. Voilà pourquoi les Québécois doivent simplement se blinder contre les attaques dont ils feront l’objet sur cette laïcité contestée.

Valeur québécoise

Cette laïcité et son application politique semblent contre nature pour tous les multiculturalistes. Si bien que le Québec ressemble à un camp retranché qui tente, sans moyens de rétorsion, précisons-le, d’imposer ce que François Legault décrit comme une valeur québécoise.

Devoir se rétracter en affirmant simplement que le hidjab symbolise l’oppression des femmes est aussi évident que d’affirmer que la terre est ronde et non plate.

Que des femmes s’y soumettent et choisissent de se cacher le corps ne peut aucunement infirmer la réalité de ce symbole.

La loi n’empêche pas des femmes de se voiler. Elle affirme simplement que dans certaines fonctions d’autorité, dont celle dévolue aux enseignants, ce signe religieux, comme d’autres d’ailleurs, entre en conflit avec les principes sacrés de la laïcité.

On semble oublier le courage déployé par les Québécois pour s’extirper du carcan religieux, qui les a trop soumis au XXe siècle. C’est pourquoi l’affirmation identitaire du Québec moderne doit triompher.