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Soyez prêts à tourner en rond

Les carrefours giratoires sont plus nombreux au Québec, mais ne font pas l’unanimité

carrefour giratoire de Saint-Bruno
Photo courtoisie, Air Image Ce carrefour giratoire situé à Saint-Bruno cause des maux de tête aux piétons, dont Michel Duchesne, dont la vue a fortement baissé après un AVC.

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Préparez-vous à tourner en rond. Le nombre de carrefours giratoires ne fait qu’augmenter sur les routes du Québec, et ce, même si ces aménagements ne font pas l’unanimité auprès de ceux qui les empruntent.

Chaque fois qu’il veut se rendre au dépanneur du coin, Michel Duchesne doit traverser l’un des deux carrefours giratoires à l’angle de la montée Montarville, à Saint-Bruno, aménagé il y a un peu plus d’un an.

Après son accident vasculaire cérébral, M. Duchesne a subi une importante perte de vue et d’équilibre.

carrefour giratoire de Saint-Bruno
Photo courtoisie

« Comment est-ce que je suis censé traverser une intersection où il n’y a ni arrêt obligatoire ni feu de circulation ? » me lance-t-il.

Bonne question. Je suis allée tenter l’expérience.

Pas évident

À l’entrée du carrefour, un panneau illustrant un piéton indique aux automobilistes qu’il y a une traverse en pavé rose, ce qui ne semble pas particulièrement efficace. Si on est à pied, pas le choix, il faut s’engager sur la voie, sinon les voitures continuent leur chemin.

Plus facile à faire quand tu es, comme moi (relativement) jeune et en forme.

« Nous sommes encore en période d’adaptation, et il se peut que des améliorations soient à apporter », a admis le maire de Saint-Bruno, Martin Murray, en me précisant qu’une consultation publique est prévue dans les prochaines semaines.

Avantages et inconvénients

Plusieurs autres citoyens, de Saint-Lambert à Victoriaville en passant par Bromont, m’ont fait part de leur inquiétude par rapport aux carrefours giratoires qui sont apparus dans leur ville.

« Pour que les carrefours giratoires soient aussi plaisants en réalité que sur papier, il faut que les gens sachent comment les utiliser ! » lance le professeur de Polytechnique Nicolas Saunier.

Et c’est encore ça le problème, les gens font souvent n’importe quoi.

Selon le ministère des Transports, les principales causes d’accident dans un carrefour giratoire sont :

  • L’omission de céder le passage à l’entrée ;
  • L’omission de mettre les clignotants pour indiquer nos intentions ;
  • Le manque de familiarité des usagers avec l’aménagement.

Pour les piétons et les cyclistes, ça demande beaucoup de vigilance, ont reconnu des élus et des ingénieurs à qui j’ai parlé, mais les carrefours giratoires ont des avantages importants :

  • Ils réduisent la gravité et le nombre d’accidents ;
  • Ils augmentent la fluidité automobile ;
  • Ils coûtent moins cher d’entretien que les feux de circulation.

Certes, la signalisation pourrait certainement être améliorée en amont des carrefours.

Mais leur fonctionnement est simple : priorité aux piétons, aux cyclistes et aux véhicules déjà engagés.

Il serait peut-être temps que tout le monde fasse l’effort de comprendre comment ça marche, au lieu de tourner en rond.

L’effet des carrefours giratoires au Québec

► Réduction de 87 % des accidents mortels et graves

► Hausse de 35 % des accidents avec dommages matériels seulement

Source : ministère des Transports

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