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Deux récréations de 20 minutes par jour obligatoires à l’école

Les taquineries de Bonhomme
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Dès la prochaine rentrée, tous les élèves du primaire auront droit chaque jour à deux périodes de récréations d’au moins 20 minutes. 

Québec considère que cette mesure permettra de favoriser la santé et la réussite scolaires des jeunes. 

«Les effets bénéfiques des récréations sont connus, documentés. Elles permettent aux élèves d’être actifs physiquement, de passer du temps dehors, de s’aérer le cerveau et de contribuer à la création d’un climat scolaire qui est sain», a affirmé le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, lors de l’annonce qui a été faite en fin d’avant-midi mardi dans une école de Lac-Beauport. 

Présentement, le régime pédagogique prévoit deux «périodes de détente» par jour, mais leur durée n’est pas précisée. 

Selon un sondage effectué par la Coalition québécoise sur la problématique du poids en 2017, près de 40% des écoles primaires du Québec offriraient moins de 15 minutes de pause en matinée et en après-midi. Environ 20% des écoles n’auraient aucune récréation l’après-midi. 

Le régime pédagogique sera donc modifié pour que les écoles offrent dorénavant «un minimum» de 20 minutes de récréation deux fois par jour. Aucun mécanisme de suivi n’est toutefois prévu afin de s’assurer que les écoles respectent cette nouvelle règlementation. 

La Coalition québécoise sur la problématique du poids s’est réjouie de cette annonce, qui figurait dans les engagements de la Coalition avenir Québec pendant la campagne électorale. 

«Les bénéfices sont indéniables», affirme sa directrice, Corinne Voyer. Les experts recommandent un minimum de 60 minutes d’activité par jour pour les enfants âgés entre 5 et 17 ans. 

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Inquiétudes dans le réseau scolaire 

Cette nouvelle a toutefois été accueillie avec beaucoup plus de réserves dans le réseau scolaire, même si plusieurs intervenants affirment que l’objectif de faire bouger davantage les élèves est «très louable». 

À la Fédération des syndicats de l’enseignement, on déplore que le ministre n’ait pas consulté les enseignants avant d’aller de l’avant. Ajouter quelques minutes de récréation est une opération «très complexe» qui retombe «sur le dos des enseignants», affirme sa présidente, Josée Scalabrini. 

«On a hâte d’avoir des réponses aux questions. Présentement, on n’a que des inquiétudes», lance-t-elle. 

La Fédération des commissions scolaires indique que cette mesure sera plus difficile à mettre en place dans les écoles où il n’y a présentement qu’une récréation par jour. 

L’horaire de la journée devra être modifié, ce qui pourrait avoir un impact sur l’organisation du transport scolaire si la journée d’école se termine plus tard. «Ça me surprendrait que ça puisse se faire à coût nul», lance son président, Alain Fortier. 

De son côté, le ministre Roberge a affirmé que cette mesure n’entraînera pas de coût supplémentaire, mais plutôt une répartition différente du temps pour les enseignants.