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Réserve faunique des Laurentides: explosion du taux de mortalité des porcs-épics sur la 175

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SAGUENAY | La route à quatre voies divisées dans la réserve faunique des Laurentides est meurtrière pour une population entière de porcs-épics, qui a vu son taux de mortalité exploser, selon une étude, dont les résultats ont été dévoilés mardi.

Des chercheurs de l’Université Concordia craignent que la population de porcs-épics soit affectée de manière permanente à la suite de l’élargissement de la 175, entre le Saguenay et Québec. Selon un professeur au département de géographie, d’urbanisme et d’environnement de l’Université Concordia qui s’est penché sur la question pendant quatre ans, les concepteurs de route doivent absolument intégrer de nouvelles mesures de protection pour assurer la survie de certaines populations fauniques. 

Jochen Jeager et son équipe ont investigué sur le taux de mortalité des petites et moyennes espèces en bordure de cette autoroute qui a fait l’objet d’un vaste chantier entre 2005 et 2013. Au coût de 950 M$, son élargissement a été réalisé à la suite de vives pressions exercées par le groupe Accès-Bleuets. Créé à la fin des années 80, le mouvement réclamait le rehaussement de la sécurité sur le lien qui était communément appelé « la Route de la mort ».

900 carcasses d’animaux

Durant quatre étés, le chercheur Jeager et son équipe ont recensé plus de 900 carcasses d’animaux sur une portion de 68 kilomètres de la 175. La très forte majorité des animaux morts était des porcs-épics. « Leur taux de reproduction est très faible et bien plus petit que celui d’autres mammifères de même taille. Un couple de porcs-épics n’a qu’un bébé par an », insiste le professeur Jeager. 

Il suggère l’intégration de certaines mesures pour les protéger, comme la création de traverses pour animaux, au-dessus de la chaussée. « Le seul endroit où l’on en retrouve au Canada, c’est dans le Parc national de Banff. Plusieurs de ces passages ont été aménagés au-dessus de l’autoroute et ça fonctionne très bien », précise Judith Plante, étudiante à la maîtrise en géographie.

Solutions

Parmi les autres solutions qui éviteraient que certains animaux de petites ou moyennes tailles soient tués par les automobilistes, le chercheur recommande l’ajout de passages inférieurs aux 33 déjà existant. 

Il souhaite également que les clôtures servant à guider les animaux vers l’entrée des passages soient allongées. Au cours de ses recherches, son équipe a répertorié de nombreux cas de mortalité routière aux extrémités des barrières. 

« Les ministères du Transport se préoccupent surtout des gros animaux, comme les orignaux et les ours, car ils provoquent des accidents, alors que les petits et moyens mammifères n’en causent généralement pas, à moins qu’un conducteur ne donne un coup de volant pour les éviter », affirme le professeur Jeager. Il précise que son étude est la première qui a porté sur l’effet relatif à la mortalité routière chez les petits et moyens mammifères.