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Un peu de nous

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 Ma tendance à fréquenter les salles de cinéma est fortement accentuée sous le ciel gris de Paris. J’en ai profité pour assister aux films Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu et Sur les routes du Sud. J’ai rigolé et éprouvé beaucoup d’émotion avec ces deux histoires à la fois désopilantes et touchantes. 

 Le ministre Jolin-Barrette qui surnage dans la tempête provoquée par le dépôt de de son projet de loi sur l’immigration pourrait, en assistant à une projection de ces deux films, se dérider et comprendre que c’est plus par une attitude d’ouverture que par un texte de loi que passe l’intégration des immigrants. 

 Ces deux films renvoient aux préjugés et aux stéréotypes dont on affuble les personnes d’une autre origine et permettent en quelque sorte de rire de nous-même plutôt que de s’égarer dans la dramatisation excessive lorsqu’on insinue que le Québec est raciste. 

 Dans Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu, les clichés se multiplient à la vitesse de l’image avec ce couple de Français aux préjugés tenaces dont leurs quatre filles sont mariées à des hommes d’origine différente. Pour la plupart de ceux-ci nés en France, ils râlent contre leur société et s’imaginent l’Eldorado dans le pays de leurs aïeux, sauf pour l’Ivoirien immigrant qui voudrait plutôt partir pour l’Inde en pensant y faire une carrière d’acteur. Leurs épouses françaises de souche semblent plus emballées qu’eux par le projet, et ce, au grand désarroi des parents qui craignent de ne pas voir grandir leurs petits-enfants. De rebondissement en rebondissement, nous nous étonnons de la hardiesse des parents pour garder en France leur progéniture et leurs maris, le tout, avec une finale toute en tendresse. 

 Dans un autre registre, Sur les routes du Sud nous rappelle la ségrégation encore persistante aux États-Unis dans les années 60 et les péripéties que devaient affronter un artiste noir dans le « Deep South » pour s’y produire. Alors qu’il était adulé sur scène, il ne pouvait pas manger à la même table que ses admirateurs ou se soulager dans les mêmes sanitaires. Malgré l’intensité dramatique, l’amitié qui se noue entre le musicien noir et son chauffeur italien nous fournit de multiples occasions de rire et de croire que tout est possible en matière de solidarité humaine. Le film est d’autant plus attachant qu’il relate une histoire vraie. 

 Le ministre Jolin-Barrette est titulaire de dossiers très sensibles qui devront évoluer avec beaucoup de parcimonie. Les intentions peuvent paraître nobles, il lui appartient toutefois de s’assurer de ne pas créer un ressentiment contre les immigrants ou pire encore contre les réfugiés qui fuient la persécution. L’accueil de l’autre ne peut pas se faire exclusivement sur une base économique; tout en demeurant pragmatique, il faut encourager la population à faire preuve d’humanisme et de solidarité. 

 Le plus grand obstacle du ministre réside dans le communautarisme et ses décisions ne devront pas avoir pour effet de l’accentuer!