/news/education
Navigation

Le niveau de vie des employés de l’État recule depuis 2000, selon l’IRIS

Coup d'oeil sur cet article

 

Les fonctionnaires et les employés des réseaux de la santé et de l’éducation, composés en majorité de femmes, sont les seuls travailleurs du Québec à avoir subi une baisse de leur pouvoir d’achat depuis 2000, déplore l’IRIS.  

En effet, en raison des « mesures d’austérité des 18 dernières années », les employés de l’administration québécoise accusent un recul de leur pouvoir d’achat de l’ordre de 1,8 % depuis 2000, contre une augmentation de 11 % en moyenne dans les administrations municipales et fédérales, le secteur universitaire, les entreprises publiques et le secteur privé.   

«Répression salariale»  

«Le gouvernement a [...] adopté une stratégie de “répression salariale” de ses propres employés dans le but d’économiser sur sa masse salariale», a analysé François Desrochers, chercheur associé à l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques, et auteur de l’étude.  

À titre d’exemple, une personne qui fait la même tâche dans une société d’État comme Hydro-Québec ou Loto-Québec gagne en moyenne 23 % de plus que celle qui travaille en éducation, dans un ministère ou dans un établissement de santé et services sociaux, a expliqué l’IRIS dans un rapport de recherche dont l’Agence QMI a obtenu copie.   

Les femmes plus touchées  

Qui plus est, cette stagnation du pouvoir d’achat touche majoritairement les femmes, puisqu’elles composent 72,2 % du personnel de l’administration publique. L’IRIS y voit une imperfection dans la Loi sur l’équité salariale.  

«Les dispositions de la Loi sur l’équité salariale ne permettent pas de comparer de façon systématique les emplois de l’administration québécoise avec les emplois des autres parties du secteur public», a écrit M. Desrochers dans son étude.  

L’IRIS appelle donc à une modification de la loi sur l’équité salariale, qui permettrait de comparer le salaire d’un même corps d’emploi dans deux branches différentes de l’appareil public.  

L’État québécois aurait à débourser 7,3 milliards $ pour « effectuer un rattrapage salarial qui éliminerait ces inégalités ». Cette récupération réduirait de 35 % l’iniquité entre le salaire moyen des hommes et celui des femmes pour l’ensemble du Québec, calcule l’IRIS.  

Loi contre les iniquités  

Par ailleurs, le ministre Jean Boulet a déposé mardi un projet de loi qui obligera les entreprises de plus de 10 employés à compenser financièrement les iniquités salariales qui ont été créées dans la période de cinq ans précédente, soit de manière rétroactive.  

L’adoption de ce projet de loi est nécessaire pour répondre à un jugement de la Cour suprême du Canada, rendu en mai dernier.  

Pour l’année 2020, les coûts pour les entreprises sont estimés à 566 millions $, montant qui pourrait être versé en cinq versements sur quatre ans.