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Le principal avocat de Carlos Ghosn annonce sa démission

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AFP

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Le principal avocat de Carlos Ghosn, arrêté le 19 novembre et détenu depuis dans une prison de Tokyo pour des malversations financières présumées, a annoncé mercredi se retirer du dossier

Motonari Otsuru, un ancien procureur qui assurait la défense du bâtisseur de l'alliance automobile Renault-Nissan-Mitsubishi Motors, «a soumis une lettre de démission au tribunal», ainsi que son confrère Masato Oshikubo, selon un communiqué du cabinet d'avocats.

Aucun raison n'a été fournie pour expliquer cette décision, qui intervient alors qu'une première réunion était prévue jeudi entre avocats, juges et procureurs pour préparer le procès.

M. Otsuru, 63 ans, avait la délicate mission de défendre l'ancien capitaine d'industrie naguère vénéré pour avoir sauvé le constructeur japonais Nissan de la faillite, et aujourd'hui vilipendé.

Ancien chef de l'unité d'élite actuellement chargée de l'enquête, il n'a fait qu'une seule conférence de presse début janvier, déployant un flegme qui contraste avec la verve des ténors du barreau qu'on peut voir ailleurs.

Il s'était alors montré pessimiste sur les perspectives de libération sous caution de Carlos Ghosn avant l'ouverture de son procès, dans plusieurs mois.

Dans une interview accordée fin janvier à l'AFP dans un parloir de sa prison de Kosuge, au nord de Tokyo, l'homme d'affaires franco-libanais-brésilien avait fustigé sa détention prolongée, une situation qui ne serait «normale», selon lui, «dans aucune autre démocratie».

Visé par trois inculpations pour abus de confiance et minoration de revenus aux autorités boursières sur la période 2010 à 2018, il rejette toute malversation.

Renault ne versera pas d’indemnité de non-concurrence à Ghosn, ni de rémunération en actions

Le conseil d’administration de Renault a annoncé mercredi qu’il renonçait à verser à Carlos Ghosn une indemnité de non-concurrence, qui correspond à deux ans de rémunération fixe et variable, et qu’il supprimait sa rémunération en actions pour les années 2015 à 2018.

« Le Conseil a décidé à l’unanimité (...) de renoncer au bénéfice de l’engagement de non-concurrence souscrit par M. Ghosn et, en conséquence, de ne pas lui verser l’indemnité correspondante égale à deux ans de rémunération fixe et variable », a-t-il indiqué dans un communiqué.

Cette clause, qui interdirait à M. Ghosn de travailler pour un concurrent pendant une période de deux ans, représente environ 4 millions d’euros, selon des estimations du cabinet de conseil aux investisseurs Proxinvest.

L’ancien patron déchu perd également ses droits « à l’acquisition définitive » des actions attribuées entre 2015 et 2018 en tant que PDG, car la « condition de présence au sein de Renault (...) n’est pas remplie ».

Ces actions comprennent « une rémunération variable pour les exercices 2014 à 2017 » ainsi que « des plans d’attribution d’actions de performance pour les années 2015 à 2018 », a détaillé le constructeur automobile.

De 2015 à 2017, Renault attribuait chaque année 100 000 actions de l’entreprise à M. Ghosn, qu’il pouvait percevoir quatre ans plus tard, avec toutefois une condition de présence dans l’entreprise et une condition de performance en tant que dirigeant. Sur l’année 2018, le groupe lui a attribué 80 000 actions.