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S’envoler en snowkite

SnowkiteACTION
Photo courtoisie Les mordus de snowkite comme Dominic Beaulieu deviennent de véritables chasseurs de vents, prêts à sortir leur planche (ou leurs skis) dès que les conditions sont favorables.

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Il a neigé toute la nuit. Plus de 30 centimètres au sol. Le vent est un peu timide, mais il devrait se lever vers 16 h. Impatient de glisser dans la poudreuse, Dominic Beaulieu suit l’évolution des prévisions. C’est la première chose qu’il fait tous les matins, et la dernière, tous les soirs. Immersion dans le sport extrême du snowkite.

« On devient forcément des crinqués de météo dès qu’on tombe en amour avec le sport. Si les conditions sont bonnes, je remanie mon horaire pour être sur ma planche. Mon boss ne le croit plus, que je suis malade, par journées de grands vents », dit à la blague Dominic Beaulieu, 30 ans.

Le snowkite a beau être le nouveau sport hivernal à la mode, il est aussi vieux comme le monde. Depuis toujours, l’homme a voulu se servir de la force du vent pour faire son bout de chemin. Comme sport récréatif, le paraski (ou parasurf) a attiré des curieux à la fin des années 90, puis au Québec, au début des années 2000.

« Ce qui est particulier ici, c’est que la majorité des gens s’initient d’abord sur la neige, puis choisissent parfois de continuer l’été en kitesurf », dit Dominic Beaulieu, instructeur au centre Snowkite SADP.

Piloter sur la neige

Dompter Éole dans le cœur de l’hiver s’avère d’ailleurs fort opportun, les plaisirs de ce sport de glisse à traction s’apprivoisant alors plus aisément. En lac, comme on part en position allongée, il faut savoir capter assez de puissance pour se sortir de l’eau, tandis que l’effort de traction se voit simplifié les deux pieds plantés sur une surface ferme. « Lorsqu’il y a des accumulations de neige comme aujourd’hui, le défi se corse... mais il en vaut l’effort », ajoute le mordu de poudreuse de Charlemagne.

Autre avantage d’une pratique hivernale : la qualité du vent est moins critique. Selon le spécialiste, on peut trouver son plaisir dès que la force du vent atteint plus de 10 nœuds. On n’a pas non plus à se soucier autant de sa direction — aucune chance de voir sa sécurité compromise en se faisant tirer au large ! « J’arrive à faire deux fois plus de kite l’hiver que l’été », donne en exemple Dominic Beaulieu, qui pratique le sport depuis six ans.

Que l’initiation soit plus facile n’empêche pas qu’elle doive absolument être encadrée pour demeurer sécuritaire. « Ce n’est pas un cerf-volant pour enfants. Une erreur peut nous faire décoller contre notre gré. Il faut comprendre ce que l’on a entre les mains. Lorsqu’on se bat contre dame Nature, personne ne peut en sortir gagnant », prévient Dominic Beaulieu.

Un sport extrême

« On parle de pilotage. Le premier cours de deux heures se concentre sur l’apprentissage du maniement d’un cerf-volant d’entraînement : il n’est même pas encore question de traction, à moins que la personne ait déjà pratiqué des sports de voile, détaille le professeur de snowkite. La prochaine étape se passe par une formation privée ou semi-privée de trois heures, après quoi un nouvel adepte peut considérer une pratique autonome et sécuritaire sur la neige. »

Sans surprise, les conditions venteuses influencent aussi la dangerosité du sport.

Histoire courte : un débutant n’est pas de taille contre des conditions venteuses violentes.

« Il faut en outre étudier la différence entre la vitesse du vent constant et celle des rafales », explique Dominic Beaulieu. Une bourrasque de 60 km/h alors que l’on pilote sagement à 20 km/h demande toute une maîtrise de sa voile !

Bien qu’on puisse prendre son pied à enchaîner les virages dans le calme des grandes étendues neigeuses isolées, les attraits principaux du snowkite débordent des plaisirs traditionnels de la glisse.

Les skieurs et surfeurs adeptes du cerf-volant profitent de la force du vent pour planer quelques précieuses secondes à des hauteurs de plus de cinq mètres (voire 10, 15, 20 !), ou pour défiler à vive allure dans des courses improvisées. Dominic Beaulieu a déjà capté 72 km/h sur son compteur... et le record du monde atteint les 120 km/h. Hauteur et vitesse : un combo qui n’est pas exempt de risques. Et on peut monter le défi d’un cran en choisissant un terrain plus accidenté...

L’extrême de l’extrême

« Il n’y a pas un voyage que je fais qui n’est pas pour faire du kite, dit le père de famille. Mais je n’ai encore jamais fait de kite en montagne. »

« Cela prend des habiletés hors pair pour que la pratique demeure sécuritaire. À la hauteur à laquelle ces athlètes sautent, le snowkite tient plus du parapente... avec des cerfs-volants qui n’ont pas été conçus pour ça », ajoute Dominic Beaulieu.

Surfer sur la neige d’un terrain plat et dégagé réduit drastiquement les risques. Surtout technique, le snowkite ne nécessiterait alors pas d’habiletés physiques importantes, pour autant qu’on ait déjà l’habitude de glisser en ski ou en planche.

« J’ai déjà formé un homme de 82 ans, dit le moniteur de snowkite. Et la plus jeune, ma fille, a 7 ans. »

Aussi jeune, bien entendu, l’enfant n’est pas le seul maître de sa voile. « En bas de 90 lb, on ne peut pas faire le poids contre le vent », résume Dominic Beaulieu.

Où s’initier au snowkite près de Montréal

La grande région métropolitaine est propice à la pratique du snowkite, par la présence de grandes étendues d’eau gelées (dont le lac des Deux-Montagnes) et l’abondance de terres agricoles sur ses deux rives. « L’hiver, on profite des voies navigables et des terres agricoles non utilisées. C’est important de demander l’autorisation auprès des fermiers », dit Dominic Beaulieu.

Comme centre officiel, rendez-vous à Snowkite SADP qui offre un terrain plat de 5 kilomètres carrés accessible à un tarif moindre, où tous les mordus de la région aiment converger. Des formations de niveau débutant ou intermédiaire, de même que la location, y sont également offertes.

Renseignements : https://snowkitesadp.com/

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