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Le Parti démocrate américain n’est pas Québec solidaire

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La gauche du Parti démocrate fait des remous ces jours-ci, mais les chances que ce parti se radicalise au point qu’il promette de transformer les États-Unis en un paradis/enfer socialiste sont bien minces.

À en croire certains commentateurs de droite et les ténors du Parti républicain, y compris Donald Trump, la gauche radicale se serait emparée du Parti démocrate.

Ce parti deviendrait-il une version américaine de Québec solidaire ? Aurait-il perdu toute notion de ce que représente la gouverne d’une économie axée sur l’entreprise privée ? Bien sûr que non.

Des voix qui choquent

Une vague de nouveaux élus démocrates a déferlé sur Washington depuis les élections de mi-mandat. Cette vague dérange, mais ces nouvelles voix de gauche apportent un vent de renouveau dans un pays qui en a bien besoin.

Avec à sa tête la jeune représentante de New York Alexandria Ocasio-Cortez, l’aile gauche du Parti démocrate réclame l’injection de nouvelles idées sur la place publique, y compris une fiscalité plus égalitaire, l’expansion des protections sociales, l’assurance-santé publique pour tous et un engagement plus sérieux dans la lutte aux changements climatiques.

Leur cri de ralliement est l’ambitieux Green New Deal. Faut-il prendre ce plan au pied de la lettre ? Probablement pas, mais rappelons-nous ce que certains disaient au sujet de Donald Trump avant son élection : s’il ne faut pas le prendre littéralement, c’est une erreur de ne pas le prendre sérieusement.

Dans la pré-campagne des primaires présidentielles démocrates, ces idées interpellent les candidats potentiels et il n’est pas étonnant que plusieurs d’entre eux leur accordent du crédit.

Cela ne veut pas dire que les aspirants à l’investiture démocrate devront prendre toutes ces propositions, même les plus irréalistes, au pied de la lettre pour gagner. Au contraire, si l’électorat démocrate est ouvert aux idées progressistes, il n’est pas moins conscient de la nécessité de présenter une alternative crédible de gouverne pour défaire Donald Trump.

Les idées de la gauche ne se retrouveront dans le programme démocrate en 2020 que dans la mesure où les principaux porte-parole du parti peuvent articuler leur compatibilité avec la société, l’économie et les institutions politiques américaines existantes.

Pas de promesses en l’air

S’il est sain que le Parti démocrate ouvre la porte à de nouvelles idées, ses leaders savent que le système politique américain est conçu pour rendre les réformes radicales difficiles.

Même si les démocrates ont un succès retentissant en 2020, les obstacles aux réformes de gauche sont nombreux. Les démocrates savent aussi qu’il est risqué de promettre monts et merveilles sans pouvoir livrer la marchandise.

Les démocrates auront beau jeu d’inclure des idées résolument progressistes dans leur programme en 2020, si elles sont réalisables, car l’alternative de la droite trumpiste n’est certes pas moins radicale.

Ils savent toutefois fort bien qu’un parti qui songe sérieusement à gouverner ne peut pas se payer le luxe des promesses en l’air.