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Mourir sur demande

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Il y a longtemps, j’étais assise dans une remontée mécanique à Whistler avec feu le journaliste Guy Roy du Journal de Montréal qui m’expliquait l’importance des faits divers dans un journal et dans la vie citoyenne.

Structuré, limpide et convaincant.

À partir de ce moment, je n’ai plus jamais utilisé l’expression « couvrir les chiens écrasés » chère à ceux qui dédaignent ce journalisme de proximité.

Il y a quelques semaines, Guy Roy a quitté ce monde, à ses conditions, à son heure, grâce à l’aide médicale à mourir. J’ai tout lu sur son départ planifié et l’impact sur sa famille, des moments forts, tendres et déchirants.

Je ne porte aucun jugement. Il n’a rien fait d’illégal ou d’immoral, mais depuis le passage de la loi, que certains estiment être une des grandes réalisations juridiques du Québec moderne, mon malaise face à la mort sur demande persiste.

Pas la seule

À l’époque, Véronique Hivon avait voulu me rassurer : très peu de gens vont demander l’aide à mourir et avec la clause « fin de vie », impossible de déraper.

Or, il y a des gens qui travaillent fort dans les coins pour faire sauter cette disposition de la loi. Après tout, entend-on, mourir est une décision personnelle que nous ne devrions qu’applaudir.

Faux. L’aide à mourir n’est possible que grâce à l’intervention de plusieurs êtres humains. Le suicide est un geste solitaire, pas l’aide à mourir qui requiert la participation de dizaines de personnes, dont un médecin pour « l’acte ».

Or, ils sont peu à le poser.

Mais dans les corridors du pouvoir, on discute déjà des cas d’enfants souffrants, de personnes atteintes de démence et de grands dépressifs.

La Belgique a euthanasié – leur vocabulaire – un transsexuel en détresse psychologique parce que sa « grande opération » avait mal tourné.

C’est la mort naturelle, imprévisible, qui rend la vie sacrée : abolissons­­­-la, que restera-t-il ?