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Les touristes québécois coincés en Haïti sont soulagés de rentrer au Canada

Un hélicoptère doit aller chercher les Québécois d’urgence en Haïti pour les ramener au pays aujourd’hui

HAITI-POLITICS-PROTEST
Photo AFP

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Des Québécois coincés en Haïti depuis une dizaine de jours n’en pouvaient plus d’attendre et sont soulagés d’être évacués, surtout que certains étaient aux prises avec des problèmes de santé.  

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Les 113 voyageurs logés à l’hôtel Royal Decameron, à 75 km de Port-au-Prince, doivent être escortés en hélicoptère jusqu’à l’aéroport de la capitale en avant-midi. Ils doivent ensuite prendre un avion d’Air Transat vers Montréal. Leur vol devrait arriver en après-midi. 

«On est heureux d’apprendre qu’on vient nous chercher. Il n’y avait vraiment pas de moyens d’emprunter les routes », a raconté vendredi Normand Rosa, 61 ans, de Saint-Sulpice dans Lanaudière, en voyage pour apporter du matériel scolaire dans des écoles démunies. 

«Tout le monde est content de partir, il y avait beaucoup de personnes qui avaient des larmes aux yeux d’émotion», a-t-il ajouté. La représentante d’Air Transat a été ovationnée.»

Il a pu constater la situation tendue en Haïti, en protestations politiques depuis le 7 février. Sept personnes sont décédées depuis le début des manifestations contre le président Jovenel Moïse, à qui on reproche d’être corrompu et d’avoir participé à l’appauvrissement de la population. 

Médicaments 

La diminution des provisions en médicaments posait problème chez les personnes âgées au sein du groupe de Québécois, souligne le Lavallois Stéphane Laroche. Il accompagnait sa mère diabétique de 79 ans et son groupe d’amies. 

« J’ai dû donner des médicaments à un enfant qui fait de l’anxiété aiguë. Ses parents n’en avaient plus, ajoute l’homme de 48 ans. Ma mère en aurait manqué à partir de samedi [aujourd’hui]. » 

Selon MM. Laroche et Rosa, une Québécoise a également quitté l’hôtel d’urgence durant la semaine, en sevrage de sa médication pour son diabète. 

Un autre voyageur attendait de revenir au Québec pour se rendre au chevet de son père mourant, expliquent MM. Laroche et Rosa. 

Le fils d’une dame est aussi entré d’urgence à l’hôpital, en raison d’une épidémie de gastro. Elle angoisse à l’idée d’être loin de son enfant. 

« Disons qu’ils ont hâte de sacrer leur camp », soutient M. Laroche, qui déplore la lenteur d’Air Transat à prendre la décision de rapatrier les voyageurs. 

« Pour ma part, j’ai senti une détresse chez les personnes âgées dans les moments où on nous annonçait qu’il n’y avait plus d’internet. Les gens avaient peur de ne plus pouvoir communiquer avec leur famille, pour les rassurer. J’en ai vu pleurer », a confié M. Rosa. 

► Un groupe de 25 élèves d’une école secondaire de Victoriaville se trouve également en Haïti, selon l’AFP. Ceux-ci étaient en sécurité hier. L’ambassade canadienne et Air Transat travailleraient à assurer leur retour. 

François Legault s’en mêle 

Le premier ministre du Québec François Legault, inquiet de la situation en Haïti, a participé aux discussions avec Air Transat et l’ambassade canadienne pour assurer le rapatriement des voyageurs québécois. 

« Pour l’instant, la situation semble sous contrôle », a-t-il assuré hier. 

Tensions 

Un porte-parole d’Air Transat, Christophe Hennebelle, a précisé que les détails sur le rapatriement des 113 Québécois coincés en Haïti seraient communiqués aujourd’hui, afin de ne pas compromettre la sécurité des passagers, compte tenu de l’escalade des tensions dans les dernières heures. 

L’allocution du président Jovenel Moïse, jeudi soir, n’a pas satisfait les manifestants. 

Collaboration 

Reconnaissant la violence en Haïti, M. Legault a indiqué que le Québec offrait sa collaboration aux Haïtiens. 

« Le gouvernement veut s’assurer que nos nombreux amis haïtiens, et que la famille de Québécois haïtiens qui sont là-bas, qu’il n’y ait pas de danger [pour eux] », a-t-il dit. 

Par ailleurs, Ottawa a interrompu les expulsions vers Haïti jusqu’à nouvel ordre, et déconseille de s’y rendre. 

Le premier ministre du Canada Justin Trudeau n’a pas voulu dire hier si le pays reconnaît toujours la présidence de M. Moïse.