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Déjà 30 ans...

Déjà 30 ans...
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Trente ans déjà que je tiens un micro dans les mains pour vous faire rire.

Je me souviens trop bien de cet après-midi du 13 février 1989. Vers 14 h, j’ai reçu l’appel du gérant du Rumor’s Comedy Club à Winnipeg, m’annonçant que j’étais l’animateur du show ce soir-là. Ça faisait juste 10 mois que je le « gossais » constamment pour qu’il me donne ma chance...

Avec la nervosité qui venait de littéralement prendre le contrôle de mon corps, j’ai ramassé les papiers et bouts de napkins sur lesquels j’avais écrit des gags et j’ai essayé de me construire un numéro.

Ce fut un échec total !

Ça aurait dû me décourager, mais fouillez-moi pourquoi, ça m’avait au contraire fouetté. « Pas question que ça reste de même ! »

Heureusement, ils avaient décidé de me donner une deuxième chance le lendemain. J’ai passé la nuit à retravailler mes trucs et... ça a fonctionné.

Je suis monté sur scène en sachant que je voulais faire ça dans la vie, avec les yeux trop naïfs d’un ti-cul de 19 ans. Ce soir-là, mes seules armes étaient l’innocence et le minimum de confiance requise. Rien de plus.

Le chemin

Je savais que je venais de mettre les pieds sur un nouveau chemin de vie, sans avoir aucune idée où ça allait me mener.

Chaque échelon que je gravissais devenait comme un monde nouveau à explorer.

Le plus drôle, c’est que, peu importe comment j’avais imaginé une nouvelle étape de ma carrière, ça se passait toujours d’une façon imprévue, que je n’avais pas vue venir.

À travers tous les hauts et les bas que j’ai connus dans ma vie, s’il y a une chose pour laquelle je suis reconnaissant, c’est que même dans les moments les plus difficiles, la flamme qui s’est allumée à l’intérieur du ti-cul de 19 ans à Winnipeg ne s’est jamais éteinte.

Je ne sais pas pourquoi, mais même quand je voyais ma carrière s’effondrer sous mes yeux dans mes années plus difficiles, cette flamme restait toujours en moi, minuscule, mais assez forte pour que je continue à m’y accrocher.

Je me souviens d’un des premiers conseils qu’on m’a donnés lorsque j’ai commencé : « Max, une carrière ce n’est pas un sprint, c’est un marathon »... Clairement, j’ai fini par prendre ces paroles sérieusement, et vraiment dans tous les sens.

D’ailleurs, le 13 février dernier, à 14 h, j’ai regardé la photo qu’on avait prise pour mettre sur l’affiche de mon spectacle. Je regardais ce petit cul de 19 ans et j’aurais tellement aimé lui parler. Je lui aurais dit : « Ça va brasser en criss et même pendant un sacré bout, mais accroche-toi, tu vas passer à travers ».

Chance

Je ne sais pas combien de kilomètres il reste à ma carrière.

Tout ce que je sais, c’est que présentement, elle est devenue tout ce que je veux.

J’ai la chance de faire de la radio, d’écrire dans Le Journal, j’ai même une série avec ma fille à la télé... et surtout, le meilleur des buzz, celui de vous entendre rire quand je monte sur scène devant vous.

Merci pour les fois où, quand je ne croyais presque plus en moi, vous avez continué de le faire pour moi.

Quand je m’enflais la tête, vous étiez là aussi pour me ramener sur terre.

En fait, peu importe ce que je vivais, vous avez toujours été là, point. Impossible de vous exprimer ma reconnaissance pour tout cet amour.

Y a 30 ans exactement, je rassemblais les idées que j’avais griffonnées sur des feuilles pour vous faire rire...

Trente ans plus tard, je fais encore la même affaire.

À nos 30 ans...