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Les doux petits riens du quotidien

Les doux petits riens du quotidien
Illustration Adobe Stock

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En réfléchissant à ce que je ­pourrais bien raconter cette semaine, je me suis retrouvée aux prises avec le syndrome de la page blanche, l’inspiration manquant cruellement à l’appel. N’ayant rien fait de particulier au cours des derniers jours ­(vivement le congé de ­maternité !), je me suis surprise à trouver ma vie un brin plate.

Hier, par exemple. Jour de tempête. Ayant abandonné l’idée d’essayer de sortir l’auto de son igloo, nous avons donc décidé de rester à la maison en famille. Une journée pyjama, tient ! À. Ne. Rien. Faire. Oisiveté totale et complète.

Bon, on aurait bien pu aller ­glisser sur une butte quelconque ou construire un fort digne de la Guerre des tuques, mais on a ­préféré se ­donner le droit de « vedger en pydge », en édition familiale. Au menu : bricolage, séance de breakdance improvisée, et marathon de Pat’ Patrouille version cinéma maison. Bref, rien de bien original ou intéressant à raconter. Plate, quoi.

Puis, je me suis rappelé cette vidéo d’un couple de youtubeurs américains croisée sur mon fil de nouvelles montrant le quotidien de la mère de deux enfants à travers ses yeux, puis ceux de sa petite fille. Dans la version maman, on y voit les enfants se réveiller aux aurores, se chamailler pour un jouet, pleurer dans le siège d’auto, faire tomber une montagne de papier-cul à l’épicerie, des changements de couches, un gâteau qui tombe sur le plancher, une mère exténuée. En contrepartie, lorsque l’aînée raconte la journée à son père, on comprend qu’elle a plutôt passé une journée magique à câliner sa mère et sa petite sœur, chanter des comptines, faire une course de chariot à l’épicerie, manger du gâteau à même le sol et rigoler avec maman.

Le bon côté des choses

La morale de l’histoire n’est pas difficile à comprendre : à travers le petit chaos du quotidien, on a souvent tendance à ne retenir que le négatif, le plate ou l’exaspérant, alors que nos tout-petits, eux, voient plutôt une aventure dans chaque moment passé avec leurs parents. Même si ces moments sont passés à ne rien faire ou semblent sans intérêt.

Je ne dis pas qu’il faille abandonner les leçons de ski de l’aînée, les ­tournois de hockey du plus jeune ou les cours de piano des jumeaux. Je crois simplement que nos enfants n’ont aucunement besoin d’un ­agenda de premier ministre débordant d’activités de toutes sortes pour être heureux. De l’amour, du bon temps et la liberté de s’ennuyer sont source d’un bonheur bien plus grand qu’on ne peut l’imaginer. Aussi « plate » notre vie puisse-t-elle être.

Et puis, ce seront probablement tout ces doux petits riens du ­quotidien dont nos enfants se souviendront le plus une fois devenus grands. Et ça, c’est loin d’être plate.