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Moins du tiers des armes à feu sont enregistrées: 200 personnes manifestent contre le registre

Moins du tiers des armes à feu sont enregistrées: 200 personnes manifestent contre le registre
CAPTURE D'�CRAN / TVA NOUVELLES / AGENCE QMI

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MONTRÉAL | Des milliers de chasseurs continuent de s’opposer au nouveau registre québécois des armes à feu alors que deux semaines après l’entrée en vigueur de la nouvelle loi, moins du tiers des armes à feu sont enregistrées.  

 En date du 12 février dernier, 411 095 armes à feu étaient enregistrées au nouveau Service d’immatriculation des armes à feu du Québec. Il y aurait cependant en province plus de 1,4 million d’armes, selon le gouvernement Legault.   

Samedi matin, 200 opposants au registre ont manifesté près du Palais des congrès, tout juste avant le Salon plein air, chasse, pêche et camping de Montréal. Plusieurs d’entre eux n’ont pas enregistré leurs armes et demandent l’abolition du registre.  

«Mes armes ne sont pas enregistrées et ne le seront jamais. Et j’attends l’amende pour la contester en cour, si elle arrive», a dit le militant Guy Morin, de Québec.  

Michel Therrien, de Joliette, qui était l'un des organisateurs de la manifestation, croit que le mouvement d’opposition ne s’essouffle pas, et attend avec intérêt la contestation de l’avocat Guy Lavergne devant les Tribunaux, ce mois-ci.  

«Généralement, les armes de chasse, c’est d’allégeance fédérale. (...) Il va y avoir un débat intéressant», a-t-il dit.  

Police  

Corinne Gariépy, de Prévost dans les Laurentides, est mère d’un garçon de 14 mois et ne croit pas que le registre sauvera des vies.  

«Si j’avais le moindre espoir qu’un registre pouvait assurer sa sécurité, je ne serais pas ici», a-t-elle dit.  

L’ancien commandant de la GRC Odilon Émond appuie par ailleurs le collectif Contre le registre, pour la santé mentale, à l’origine de la manifestation, même si plusieurs organisations policières se sont prononcées en faveur du registre en commission parlementaire  

Il affirme que c’est un outil incomplet auquel on ne peut pas se fier.  

«Les policiers sont à peu près obligés d’agir comme si ça n’existait pas. Alors ils prennent toutes les précautions nécessaires», a-t-il dit, en entrevue téléphonique.  

Santé mentale  

L’organisateur de la manifestation Michel Therrien en a par ailleurs profité pour répondre à une lettre ouverte signée par six organismes en santé mentale affirmant que le registre était une façon de prévenir le suicide. Il croit que l’entreposage des armes peut effectivement avoir un impact, mais pas l’enregistrement.  

Jérôme Gaudreault de l’Association québécoise de prévention du suicide défend pour sa part que tout ce qui restreint l’accès aux armes à feu est une façon de prévenir les gestes irréparables.  

«De savoir que ce que tu as entre les mains, c’est quelque chose qui est dangereux, et qui amène un risque pour toi-même et ton entourage, ça sensibilise le propriétaire à entreposer ses armes correctement», a-t-il dit.  

Le registre mauvais pour l’industrie de la chasse?  

Amélie St-Yves  

MONTRÉAL – Des vendeurs d’armes de chasse affirment perdre des ventes en raison du nouveau service d’immatriculation des armes à feu du Québec.  

Cela fait à peine deux semaines que la nouvelle loi sur le Service d’immatriculation des armes à feu du Québec est en vigueur et des commerçants affirment en ressentir les effets.  

Benoît Ferland, propriétaire de trois boutiques de chasse et pêche de la bannière Ecotone, dit que certains adeptes ont carrément lâché la chasse.  

«Il y a des personnes âgées qui ont plus peur du registre et qui, au lieu d’aller à la chasse, vont vendre leurs armes et faire autre chose. C’est sûr qu’économiquement, ça a un impact», a-t-il dit, rencontré lors du Salon de plein air, chasse, pêche et camping de Montréal.  

Il n’arrive pas à quantifier les pertes pour le moment et n’a pas eu à faire des mises à pied, mais est certain de perdre des clients.  

«Il y a eu beaucoup de craintes. Il y a beaucoup de monde qui n’ont pas acheté d’arme à cause de la peur de cette immatriculation-là», a-t-il dit.  

Ontario  

M. Ferland indique par ailleurs que des chasseurs, pour éviter d’avoir à s’inscrire au Québec, vont acheter des armes en Ontario, où le marchand n’a pas à les soumettre au registre.  

Il estime également que la chasse a mauvaise presse.  

«L’opinion publique met une étiquette sur les chasseurs. Ceux qui avaient l’intention de commencer la chasse ou de l’essayer pourraient avoir des réticences. L’opinion publique n’aide pas le commerce de la chasse au Québec», a-t-il dit.  

Croissance freinée  

Le propriétaire de l’entreprise Les armes Fierces, Hugues Vaillancourt, croit par ailleurs que la croissance de son entreprise est ralentie par le Service d’immatriculation des armes à feu du Québec.  

Son entreprise de fabrication d’armes, créée il y a cinq ans, affiche une croissance moins marquée ces derniers mois.  

«Les gens qui ont déjà des armes et qui sont obligés de les enregistrer ne veulent pas en acquérir de nouvelles. Oui, ça paraît», a-t-il dit.