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Rassemblement contre le projet de loi 9 au... Maroc!

L’annulation de 18 000 dossiers d’immigration est à l’origine de cette protestation à Rabat

De jeunes enfants parmi les manifestants à Rabat, au Maroc, devant l’ambassade du Canada, contre le projet de loi 9 sur l’immigration.
Photo courtoisie De jeunes enfants parmi les manifestants à Rabat, au Maroc, devant l’ambassade du Canada, contre le projet de loi 9 sur l’immigration.

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Une vingtaine de personnes, dont plusieurs enfants, se sont rassemblées jeudi devant l’ambassade du Canada à Rabat, au Maroc, pour protester contre le projet de loi 9 sur l’immigration déposé la semaine dernière par le gouvernement Legault.

« Je me sens trahi [sic]. » « Nos vies à la poubelle. Vos valeurs aussi ? », « 3 ans, j’ai l’âge du rêve de mes parents », pouvait-on lire sur les pancartes portées par les parents et par leurs enfants.

Les protestataires font partie des 18 000 dossiers (50 000 personnes), à travers le monde, dont les dossiers d’immigration ont été annulés par le gouvernement du Québec à la suite du dépôt du projet de loi.

De jeunes enfants parmi les manifestants à Rabat, au Maroc, devant l’ambassade du Canada, contre le projet de loi 9 sur l’immigration.
Photo courtoisie

Lors de ce rassemblement, une lettre destinée au premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a été remise à un employé de l’ambassade.

« Nous venons à vous l’esprit abattu et le cœur meurtri par cette décision inhumaine qui est en désaccord avec les nobles valeurs de la société canadienne », peut-on lire dans la missive signée du Collectif des travailleurs qualifiés.

Convenant que le Québec a tout à fait le droit de vouloir arrimer son système de sélection d’immigrants à son marché du travail, le Collectif assure néanmoins que « rien n’empêche [le] gouvernement de continuer le traitement de nos demandes parallèlement à la mise en œuvre de sa nouvelle politique d’immigration ».

Rêves brisés

Halima Khizrane, qui travaille en informatique, a amorcé ses démarches d’immigration au Québec en 2016.

« Je viens d’être trahie. Il est hors de question que je refasse confiance et que je redépose un nouveau dossier. Le gouvernement du Québec a déjà nos documents. En plus, l’informatique est un domaine prioritaire », a-t-elle indiqué en entrevue avec Le Journal.

De jeunes enfants parmi les manifestants à Rabat, au Maroc, devant l’ambassade du Canada, contre le projet de loi 9 sur l’immigration.
Photo courtoisie

Cette mère de deux enfants (5 ans et 1 an) affirme que « [sa] vie est bloquée » depuis trois ans dans l’attente d’une réponse du ministère de l’Immigration. « C’est insensé. Quel manque de considération pour nous », a-t-elle déploré.

Raisonnement semblable du côté d’Amine Hraimel, qui a également déposé son dossier en 2016.

« Mon rêve est de vivre au Canada. J’ai cinq oncles installés à Montréal. Ces dernières années, j’ai eu des opportunités pour aller travailler dans des pays du Golfe, mais j’attendais la réponse du Québec. Le lien de confiance est brisé », s’est-il désolé.

Promesse

Appelé à réagir, Marc-André Gosselin, attaché de presse du ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, a de nouveau invité les requérants à déposer rapidement leur déclaration d’intérêt dans Arrima.

Ce nouveau système « réduira les délais de traitement de 36 à six mois », a-t-il promis.