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Corruption, abus et injustices

Deni Ellis Béchard
Photo courtoisie, Julie Artacho Deni Ellis Béchard

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Journaliste et écrivain, Deni Ellis Béchard s’est penché sur la question des inégalités sociales, du racisme et de la corruption dans les grandes organisations internationales en territoire africain dans son nouveau roman, Blanc. Écrit au « je », il joue sur la frontière du réel et de la fiction, en se basant sur les expériences de l’auteur sur le terrain.

Dans ce roman captivant, Deni Ellis Béchard enquête sur un personnage insaisissable, Richmond Voos, un soi-disant militant écologiste qui n’a pas l’air totalement vertueux. Pour en savoir plus long, il s’envole vers Kinshasa, en République démocratique du Congo.

Au cours du voyage, il fait la connaissance d’une jeune Américaine, Sola, qui s’est rendue aussi là-bas pour venir en aide à une petite orpheline que tous croient possédée du démon. Ensemble, ils découvriront des conflits d’intérêts qui minent les grandes organisations internationales et feront face aux tensions raciales qui subsistent tant en Afrique qu’en Amérique.

« Je voulais montrer un Congo où les Congolais sont en train de se battre avec eux-mêmes et avec les étrangers — les Blancs — pour construire leur propre identité, leur propre histoire et sortir les Blancs de leur pays », explique-t-il.

<b><i>Blanc</i></b><br />
Deni Ellis Béchard<br />
Éditions Alto, 320 pages.
Photo courtoisie
Blanc
Deni Ellis Béchard
Éditions Alto, 320 pages.

Son propos ne se limite pas au continent africain. « On peut aller chercher quelque chose de dramatique ailleurs, un grand racisme horrible, le colonialisme à l’extrême, mais on peut aussi le trouver chez nous. Souvent, en explorant à l’étranger, on donne l’impression au lecteur que ces problèmes existent ailleurs et n’existent pas chez nous. On les rend exotiques. Je voulais utiliser ce voyage à l’étranger où le narrateur pose ces questions pour encadrer son histoire personnelle au Canada. »

Expérience au Congo

Deni Ellis Béchard a une connaissance approfondie des questions qu’il examine. « Pour moi, c’était important de montrer des expériences authentiques au Congo — ce que j’ai eu, car j’ai passé beaucoup de temps là-bas. »

Il ne se considère pas pour autant une autorité sur les coutumes congolaises. « J’ai écrit sur ce sujet, j’ai beaucoup réfléchi aux questions coloniales, j’ai beaucoup étudié l’histoire du Congo. Mais en même temps, ceux qui devraient écrire l’histoire de leur pays, c’est les Congolais. »

« Pièges coloniaux »

Il précise : « Le livre essaie de montrer à quel point quelqu’un qui a de bonnes intentions, qui fait de son mieux pour bien agir avec les gens, tombe dans les mêmes pièges coloniaux, répète les mêmes erreurs qu’avant. Le simple fait d’être blanc change complètement son expérience. »

L’écrivain soulève plusieurs problématiques et dévoile les côtés sombres des grandes organisations internationales. Son personnage de Richmond Voos est d’ailleurs inspiré d’un individu sur lequel pèsent des soupçons d’abus en tous genres. « On entend ces histoires avec une telle fréquence qu’il faut juste creuser un peu... »


► Deni Ellis Béchard est journaliste, romancier et photographe.

► Il a grandi entre le Canada et les États-Unis.

► La famille de son père est de Cap-des-Rosiers, en Gaspésie.