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Le sort de l'avocat Jean-Roch Parent entre les mains du jury

Les délibérations ont commencé lundi au procès de l’avocat radié pour entrave, menace et intimidation contre deux policiers

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 Le jury a entamé ses délibérations lundi au procès de l’avocat radié provisoirement Jean-Roch Parent, accusé de menace, d’entrave et d’intimidation contre deux policiers. 

 Les 7 femmes et trois hommes du jury ont reçu des directives du juge de la Cour supérieure Louis Dionne, avant d’être séquestrés pour en venir à des verdicts sur les 4 chefs qui pèsent contre l’ex-procureur de la Couronne de 41 ans. 

 S’il a été maintes fois mentionné devant les jurés que Parent était avocat, jamais sa radiation provisoire prononcée le 10 janvier par le Conseil de discipline du Barreau n’a été évoquée devant eux. 

 «Touche-moi pas, je te cogne!» 

 Parent a été arrêté par deux agents de la Sûreté du Québec après qu’une interception pour non-respect d’une voie réservée ait mal tourné le 4 mai 2017, sur l’autoroute Dufferin-Montmorency. 

 Au policier qui l’a incité à se rendre sur le trottoir, l'avocat de la défense a lancé un « Touche-moi pas, je te cogne! ». Il a été couché au sol puis menotté. « Va falloir que tu te checkes 24 h sur 24 », aurait aussi dit Parent à l’un des agents rendus au poste de police. 

 L’accusé n’a pas présenté de défense, mais une vidéo de son interrogatoire policier a été présentée par la Couronne. 

 Dans celle-ci, il faisait valoir qu’il avait agi par légitime défense après avoir été victime d’une voie de fait par un des policiers, qui l’aurait « poussé dans le dos ». 

 Il assurait aussi avoir plutôt dit au même agent : « Tu vas avoir des huissiers qui vont venir te voir chaque jour, [...] t’auras pas de répit », en faisant référence à des poursuites « en déonto, au civil, au criminel » qu’il entamerait contre lui. 

 De nombreuses requêtes 

 Le procès a par ailleurs été ponctué de plusieurs annonces de requêtes de la défense, hors jury. 

 Une semaine avant qu’il s’amorce, Parent a vu sa requête en arrêt des procédures être rejetée par le juge. 

 L’accusé plaidait notamment que la poursuite lui avait « caché » pendant un an des bandes audio dans lesquelles il cherchait à retrouver des propos « faux et diffamatoires » tenus à son endroit et entendus dans l’autopatrouille. 

 Le système d’enregistrement étant « capricieux et désuet », le juge Louis Dionne a conclu que bien que certains propos échangés entre une répartitrice et un agent étaient « inappropriés » et « questionnables », il était « difficile de prétendre que des agents de l’État ont délibérément menti pour cacher des informations ». « Rien ne justifie un arrêt des procédures », avait-il statué. 

 Lorsque la Couronne a clos sa preuve la semaine dernière, l’avocat de Parent, Me Mathieu Giroux, a déposé une requête en verdict dirigé, demandant au juge d’acquitter l’accusé en raison d’une absence totale de preuve. Le magistrat l’a rejetée. 

 Parent avait aussi annoncé son intention de présenter une requête écrite en récusation ou en arrêt des procédures au jour 3 du procès, après avoir été choqué par un mot prononcé par le président du tribunal. 

 Questionnant la juré n°9 qui expliquait son malaise à continuer alors qu’elle avait reconnu la sœur de l’accusé dans la salle, qu’elle connaissait, le magistrat lui avait demandé si elle avait été « menacée ». 

 « J’ai une crainte de partialité à votre endroit, je le dis avec grands égards. Il s’agit de mes droits fondamentaux », avait plaidé Parent. Ces requêtes écrites annoncées n’ont pas été présentées. 

 

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