/finance/business
Navigation

L’huissier qui arrive par courriel

Lexop a transformé et amélioré à peu de frais le traditionnel courrier recommandé

Lexop
Photo Chantal Poirier Jean-Olivier Bouchard, Amir Tajkarimi et Michel Jamati, les trois fondateurs de Lexop.

Coup d'oeil sur cet article

Amir Tajkarimi ne voulait pas être un avocat comme les autres. À l’emploi d’un gros cabinet, il a cherché à moderniser la transmission de documents juridiques officiels. Ce qui était au départ un projet est vite devenu son gagne-pain.

Au départ, Amir Talkarimi (président de l’entreprise) s’est associé à Jean-Olivier Bouchard (chef de la croissance) en 2015 pour simplifier un processus qu’il jugeait archaïque.

« Les cabinets d’avocats employaient encore des huissiers ou le désuet télécopieur pour transmettre des documents importants. Alors que le premier s’avérait coûteux, le second, lui, ne garantissait pas que lesdits documents s’étaient rendus au destinataire, encore moins qu’ils étaient lus par celui-ci », de souligner Amir.

Un appel qui change tout

La technologie développée par Lexop transforme un simple courriel en un véritable courrier recommandé juridiquement reconnu. L’outil est offert gratuitement sur le site de Lexop, et les clients se font facturer à l’utilisation (6 $).

En août 2016, l’Université de Montréal a contacté les jeunes dirigeants de Lexop. L’institution universitaire souhaitait se servir de leur application afin de recouvrir les multiples loyers en souffrance dans ses résidences étudiantes ou encore pour les renouvellements de baux.

Sans le savoir, Lexop venait de prendre un virage profitable. Jusque-là, l’équipe peinait à garder la tête hors de l’eau. « Parce que je m’étais payé un très petit salaire pendant deux années consécutives, ma maison avait été mise aux enchères, car je n’arrivais pas à payer mes taxes municipales, raconte Amir Tajkarimi. J’avais dû emprunter à mon père deux fois ! Si c’était à refaire, je recommencerais sans hésiter. »

Nouveau modèle d’affaires

Si le secteur du recouvrement ne faisait pas partie du modèle d’affaires de l’organisation émergente, il lui est toutefois vite apparu comme vaste et lucratif.

« En Amérique du Nord, chaque année et pour tous les secteurs confondus, 600 millions de dollars facturés sont en souffrance, dit Jean-Olivier Bouchard. De ce montant, seulement 8 % sont éventuellement acquittés. »

Air Canada et Vidéotron

Dès sa première année d’existence, l’outil de Lexop a contribué à changer la donne, car, parmi sa clientèle d’environ 1000 entreprises – comprenant Air Canada et Vidéotron –, les taux de recouvrement ont augmenté de 500 %. Il faut dire qu’en plus de leur procurer une technologie garantissant à la fois réception, ouverture et consultation du message transmis, Lexop offre à ses clients une banque de données leur permettant d’optimiser leur approche de recouvrement.

« Elles peuvent ainsi comparer le taux de réussite d’un courriel envoyé le vendredi, alors que les gens planifient leur fin de semaine, et celui d’un courriel transmis le jeudi, jour habituel du versement de la paie » explique Michel Jamati, troisième actionnaire et chef technologique. De même, grâce aux antécédents de paiement, l’entreprise peut savoir si elle a affaire à un récalcitrant récurrent ou s’il s’agit davantage d’une distraction d’un bon client. Par conséquent, la tonalité du courriel sera adaptée. »

Lexop

  • Fondée en : 2015
  • Domaine d’affaires : courriel recommandé
  • Actionnaires : Amir Tajkarimi, Jean-Olivier Bouchard, Michel Jamati
  • Employés : 6