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Métro à Laval : des stations qui font peur

Métro à Laval : des stations qui font peur
CAMILLE DAUPHINAIS-PELLETIER/24 HEURES/AGENCE QMI

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Des femmes de Laval ont cessé de prendre le transport en commun lorsqu’il fait noir parce qu’elles ne se sentent pas en sécurité, a affirmé un organisme de défense de l'égalité des sexes.

La fréquence trop faible des autobus pour quitter la station Cartier, le manque de personnel de sécurité et la distance à parcourir pour se rendre au fond du stationnement de la station de la Concorde sont des exemples qui ont été invoqués pour expliquer ce sentiment, selon Femmes et Villes International (FVI).

Certaines femmes ont même modifié leurs habitudes à la suite d'une mauvaise expérience, cessant de prendre le transport en commun après le coucher du soleil, selon un sondage réalisé par FVI à la fin 2018 auprès de 150 personnes concernant les trois stations lavaloises.

Environ 20 % des personnes sondées ne s’y sentaient pas en sécurité le soir, contre 5 % durant le jour.

«Une des femmes nous a partagé son expérience et nous a expliqué qu’elle a été suivie jusqu’à son auto par un homme lorsqu’il faisait nuit. (...) Elle n’a pas pu demander d’aide, car le lieu était désert», rapporte Marine Delor, chargée de projet pour FVI et candidate à la maîtrise en urbanisme à l’Université de Montréal.

Peu d’interventions policières

Le Service de police de Laval dénombre assez peu d’interventions autour des stations de métro, malgré le fait que des patrouilleurs y sont attitrés à chaque quart de travail.

Entre le 1er janvier et le 30 octobre 2018, les policiers lavallois y sont intervenus quatre fois concernant des crimes de violence, et moins de 20 fois concernant des crimes contre la propriété (par exemple un vol ou du vandalisme).

La tentative de meurtre survenue à la station Cartier en 2017, alors qu’une adolescente a été atteinte à l’abdomen par une balle, a toutefois marqué l’imaginaire; des personnes interrogées par FVI ont identifié cette histoire comme l’une des raisons leur faisant craindre pour leur sécurité près des stations de métro.

Coins sombres

Pour identifier les aménagements urbains qui pourraient être modifiés pour que les femmes se sentent mieux dans les transports en commun, FVI a organisé trois marches exploratoires autour des stations de métro en collaboration avec la Société de transport de Laval, la Ville de Laval et exo.

Durant ces marches, les participantes ont pu signaler divers aménagements : des murs qui pourraient dissimuler quelqu’un de mal intentionné, des clôtures qui pourraient bloquer la fuite d’une personne en détresse ou encore un passage obligé sous un viaduc pour se rendre à une station.

«L’obscurité et le fait que les lieux soient déserts en dehors des heures de pointe augmentent considérablement le sentiment d’insécurité», fait aussi remarquer Mme Delor.

Ouverture

L’objectif de l'organisme était de produire un document de recommandations pour les sociétés de transport de Montréal et Laval, exo et la Ville de Laval. Tous se disent ouverts à recevoir ces recommandations et à voir si leurs mesures de sécurité déjà en place pourraient être bonifiées.

«C’est important pour nous de recevoir ce rapport pour qu’on puisse l’utiliser dans nos prochains plans d’urbanisme, d’ingénierie et d’aménagement du territoire», affirme la conseillère municipale à Laval Sandra El-Helou. «On veut s’assurer qu’on puisse avoir une ambiance sécuritaire dans les transports en commun lavallois», poursuit-elle.