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Cannabis: Montréal veut être exemptée du projet de loi pour les lieux publics

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La Ville de Montréal a demandé d’être exemptée de l’interdiction de consommer du pot en public, ne voulant pas se soumettre à cette disposition du projet de loi resserrant l'encadrement du cannabis.  

La métropole veut qu’un amendement soit ajouté au projet de loi du gouvernement Legault pour lui permettre «de se soustraire à l’interdiction [...] de la consommation de cannabis fumé sur les voies publiques et dans les parcs». La Ville de Gatineau a aussi demandé un droit de retrait en ce sens.   

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Il s’agit de l’une des huit recommandations suggérées par la Ville dans son mémoire sur le projet de loi, qui a été présenté mardi soir en commission parlementaire à Québec par la mairesse de Montréal Valérie Plante et le chef du Service de police de la Ville de Montréal, Sylvain Caron.  

Pour le moment, il est possible de consommer du cannabis à Montréal sauf où cela est interdit par le tabac, à l’exception de certains arrondissements qui ont décidé d’appliquer des réglementations plus sévères.  

Selon la Ville, les restrictions du projet de loi «soulèvent des difficultés importantes à Montréal, notamment au regard de l’application».  

Valérie Plante a rappelé que la métropole compte 60 % de personnes locataires ou qui résident en copropriété. «On ne peut pas dire aux gens d’aller fumer chez vous, comme c’est peut-être le cas dans d’autres villes, mais ce n’est pas la situation à Montréal», a-t-elle expliqué lors d’un point de presse plus tôt en journée.  

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 Selon cette dernière, une telle interdiction placerait par exemple les personnes itinérantes «en situation d’illégalité» et pourrait les marginaliser encore plus.  

 Interventions du SPVM  

 Montréal met aussi en doute dans son mémoire «la capacité du SPVM à intervenir pour émettre des constats» pour des infractions liées à la consommation de cannabis dans les lieux publics.  

 Si le projet de loi est appliqué tel quel, Sylvain Caron a estimé que le corps policier aura besoin de ressources additionnelles. «Évidemment, c’est difficile à évaluer, mais vous comprendrez qu’avec l’étendue du territoire, des postes de quartier, des régions à desservir, on parle de plus d’une centaine de policiers.»  

 Le corps policier prévoit d’ailleurs faire face à une augmentation des appels pour des plaintes liées à la consommation de pot en public. M. Caron a assuré qu’il n’y avait pas de débordements à Montréal depuis la légalisation du cannabis en octobre.  

 L’Union des municipalités du Québec (UMQ) a aussi présenté mardi soir sa position en commission. Le président de l'UMQ et maire de Drummondville, Alexandre Cusson, a entre autres demandé au gouvernement de donner aux municipalités «l’autonomie nécessaire» pour décider comment encadrer le cannabis dans les lieux publics.