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Mieux vaut être auteur en Europe

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Qu’ils écrivent des livres, des films et des séries de télé ou qu’ils composent de la musique et des paroles, les auteurs européens sont plus chanceux que les nôtres.

Leur chance, les auteurs français la doivent à un certain Caron de Beaumarchais. Après avoir écrit Le barbier de Séville, qui a un succès bœuf depuis 1775, cet aventurier de génie a fait adopter une loi garantissant aux auteurs des droits patrimoniaux ($$$) et moraux. Sans lui, peut-être que Luc Dionne tirerait le diable par la queue malgré le succès phénoménal de District 31 !

Quinze ans après la France, les États-Unis ont adopté la « Copyright Law » pour protéger leurs auteurs. Au Canada, il a fallu attendre jusqu’en 1921 avant qu’une loi soit adoptée. Depuis, elle a subi quelques révisions, mais chez nous comme ailleurs, l’ère numérique a rendu la loi obsolète.

Dignes descendants de Beaumarchais, les auteurs français furent les premiers à s’indigner de voir les géants de l’internet piétiner allègrement leurs plates-bandes. Depuis plus d’une décennie, Google et les autres agrégateurs de contenu engrangent des milliards en accaparant le travail des autres pour des pinottes quand ce n’est pas pour rien du tout.

LES GRANDS GAGNANTS

Il y a quelques jours, les représentants des 28 pays de l’Union européenne se sont enfin mis d’accord sur des règles de droit adaptées à l’ère numérique. Elles forceront les géants de l’internet à verser aux auteurs une juste rémunération.

Journaux et magazines seront les grands gagnants de la réforme. Dès qu’elle sera approuvée par le Parlement européen, les géants de l’internet (ceux dont le chiffre d’affaires annuel est de plus de 10 millions d’euros) devront verser des droits pour les articles qu’ils reproduisent. Sans compter qu’ils devront aussi obtenir l’accord des ayants droit avant de les diffuser.

Les créateurs canadiens, eux, continueront de se faire tondre la laine sur le dos. Les sept experts chargés par l’ex-ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, de recommander les changements à nos lois de diffusion, y compris celle sur le droit d’auteur, remettront un rapport préliminaire en juin. Ce n’est pas avant janvier de l’an prochain qu’ils feront des recommandations définitives. Il faudra ensuite deux ou trois ans avant qu’on adopte une réforme. Espérons que la plupart des journaux et des magazines survivront jusque là et que mes amis Diane Juster, Pierre Lapointe, Cœur de pirate et compagnie ne mourront pas de faim.

TAILLEURS DE PÈRE EN FILS

Les Gamache en sont à la quatrième génération de tailleurs. À Granby, Jean Gamache, fils et petit-fils de tailleur, a habillé jusqu’à sa retraite, il y a deux ans, plusieurs grands de ce monde, dont Alain Juppé, ancien premier ministre de France. Son fils Jean-Sébastien, tailleur lui aussi, a pignon rue Saint-Hubert, à Montréal.

Ce n’est sûrement pas un hasard, mais un clin d’œil amical, si Mafia inc., le prochain film de Podz, scénarisé par Sylvain Guy, mettra en vedette les Gamache, tailleurs de père en fils. Mais ceux-ci n’habilleront pas des personnalités politiques, mais les Paterno, une famille de mafieux !

BIG LITTLE LIES

Le tournage de la saison 2 de Big Little Lies est en cours, sans Jean-Marc Vallée, mais avec Meryl Streep en vedette.