/investigations/health
Navigation

Un ombudsman réclamé pour les docteurs en détresse

Le processus d’inspection du Collège des médecins du Québec est pointé du doigt

bloc medecin medecins docteur docteurs
Photo d'archives Notre Bureau d’enquête a révélé ce week-end que le nombre de suicides connaît une hausse inquiétante chez les médecins québécois.

Coup d'oeil sur cet article

La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec réclame un ombudsman pour réduire la détresse des docteurs qui font face à des inspections professionnelles.

Notre Bureau d’enquête rapportait la fin de semaine dernière une hausse de la détresse chez les médecins québécois. Douze d’entre eux se sont enlevé la vie depuis trois ans.

Dans certains cas, les docteurs faisaient l’objet d’une inspection ou d’une enquête professionnelle.

« Ça prendrait un ombudsman pour les professionnels qui ont fait l’objet d’une enquête et qui se sentent lésés », dit le vice-président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Sylvain Dion.

Des discussions ont eu lieu au sujet du processus d’inspection du Collège des médecins au cours des derniers mois. Le Dr Dion estime que certains docteurs qui font les visites d’inspection manquent d’empathie.

Le président du Collège, le Dr Mauril Gaudreault, défend toutefois le travail des syndics qui réalisent les investigations.

« Ce n’est pas fait à la légère. S’il y a une inspection ou une plainte, ce n’est pas un hasard. Il faut aller au fond des choses. Nos inspecteurs font ça avec professionnalisme », assure-t-il.

« Ça me préoccupe »

Le président s’inquiète tout de même de la hausse des cas de suicide dans les dernières années.

« Ça me préoccupe. Ça m’attriste que de tels événements se produisent », dit-il.

Le Dr Dion croit également que la pression exercée sur les médecins pour prendre davantage de patients a atteint sa limite.

« On a demandé au ministre de l’époque [Gaétan Barrette] d’adopter des propos moins outrageants. Il traitait les médecins de paresseux sur la place publique », dénonce-t-il.

Pour la présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, la Dre Diane Francœur, les médecins ne doivent pas hésiter à parler, même s’ils ont fait une erreur.

« Le problème, c’est que souvent, les avocats vont dire de n’en parler à personne. Mais, il ne faut pas rester seul avec son malheur », dit-elle à propos de la difficulté de plusieurs de ses collègues à consulter ou demander de l’aide.


► La Fédération des médecins omnipraticiens planche sur des formations continues qui porteront sur la façon de faire face à une plainte disciplinaire ou comment se préparer quand on rencontre un représentant du Collège des médecins.

Si vous avez besoin d’aide:  

Ligne québécoise de prévention du suicide 

www.aqps.info ou 1-866-APPELLE (277-3553)  

Programme d’aide aux médecins du Québec 

1-800-387-4166 ou 514-397-08888     

Jeunesse, J’écoute

www.jeunessejecoute.ca ou 1-800-668-6868

Tel-Jeunes

www.teljeunes.com ou 1-800-263-2266