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Vétérans en piste

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Photo Fédération québécoise d’athlétisme Le nombre d’athlètes vétérans dans les épreuves sur piste, de lancers et de sauts a presque doublé dans les cinq dernières années, mais il est toujours très marginal par rapport au nombre de coureurs vétérans dans les autres disciplines de l’athlétisme.

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Tout le monde se met à la course, mais encore peu se lancent dans ses épreuves sur piste. Des centaines de milliers de coureurs de 35 ans et plus au Québec, moins de 200 sont membres vétérans de la Fédération québécoise d’athlétisme. Et ce nombre, toujours timide, on le doit en partie à Bernard Lachance,

68 ans, spécialiste des haies et des sprints.

« J’en ai fait, de la course sur route, jusqu’à des demi-marathons... dit l’athlète de Saint-Hyacinthe. Mais, ce que j’aime, c’est le sentiment d’aller jusqu’au bout de nos ressources, lorsque chaque pas nous demande de tout donner, et la douleur qu’on ressent quand l’acide lactique a envahi nos jambes. »

« Il y a aussi cette période de flottement, lorsqu’on a fini notre accélération et qu’on tente de ne pas décélérer, ajoute Bernard Lachance, le sourire aux lèvres. C’est impossible ! Même Usain Bolt décélère. »

L’athlétisme à 68 ans

Bernard Lachance n’a pas fait de l’athlétisme toute sa vie. Il a flirté avec quelques-unes de ces épreuves pendant son secondaire, puis la vie a suivi son cours. La carrière, la vie de famille et une sédentarité forcée des suites d’une blessure au genou. Un peu le lot de tout le monde ou de n’importe qui. Mais Bernard Lachance berçait aussi des ambitions de dépassement personnel... explosives.

« À 55 ans, dans une réorientation de carrière comme agent de service correctionnel qui s’est faite un peu par hasard, j’ai pris connaissance des Jeux mondiaux des pompiers et des policiers qui allaient avoir lieu à Québec, en 2005. Je me suis dit que j’allais m’y mettre, si le genou tenait », raconte Bernard Lachance.

Le genou a tenu. Puis l’athlète s’est buté contre le peu d’événements d’athlétisme sur piste offerts aux athlètes de plus de 35 ans au Québec. Il devait prendre son plaisir ailleurs, en Ontario. La Fédération québécoise d’athlétisme concentrait ses efforts sur les jeunes.

En 2011, le nouveau directeur général de la Fédération, Laurent Godbout entre en fonction. Bernard Lachance y voit l’occasion de cogner de nouveau à la porte de la FQA.

« Laurent m’a dit qu’il devait jongler avec d’autres priorités, mais que, si une personne souhaitait s’en occuper, elle allait avoir son appui », raconte celui qui a conséquemment été nommé comme responsable du développement de l’athlétisme des Maîtres pour la FQA.

« Avant, il n’y avait que quelques irréductibles qui s’adonnaient à l’athlétisme passé 40 ans, des extraterrestres à tête grise. Sept ans plus tard, on réussit à attirer assez de compétiteurs pour faire différentes classes de vétérans en compétition... à 60 ans, on n’a pas envie de courser contre des petits jeunes de 35 ans ! »

La course explosive

« Chaque personne qui m’écrit — ou presque — pour en savoir plus me partage ses craintes de se blesser. C’est vrai que les sprints et les accélérations peuvent être difficiles pour le corps, mais c’est surtout si on ne fait pas son travail de préparation physique », dit Bernard Lachance.

En hiver, l’athlète passe plus de la moitié de son temps d’entraînement au gym, à travailler sa puissance, son équilibre et sa flexibilité.

« Bien des coureurs n’ont pas envie de faire de la musculation, et c’est ça le problème. En vieillissant, on tombe en pleine atrophie musculaire. Pour compenser contre ce déclin, on doit redoubler d’ardeur au gym », précise l’homme.

La récupération est encore plus critique lorsqu’on demande au corps d’aller momentanément au bout de ses forces, passé vingt ans.

« Comme athlète de haies, je mets aussi beaucoup de temps à tenter de conserver une certaine flexibilité. En vieillissant, on raidit ! », ajoute Bernard Lachance. Son dévouement paye. L’homme qui aura bientôt 69 ans a établi plusieurs records provinciaux au fil des années... dont même un en pentathlon l’année dernière.

Plus que la piste

« On n’est pas une tonne à en faire ! », précise Bernard Lachance. Et celui-ci souhaite que cela change. « On a mis sur place une clinique d’initiation cette année, et une première épreuve de pentathlon en salle pour vétérans aura lieu au début du mois de mars. C’est important d’aussi valoriser les épreuves de champ », dit Bernard Lachance.

Parce que – on tend à l’oublier – l’athlétisme, ce n’est pas que de la course.

« Je n’ai pas beaucoup pratiqué mes sauts et mes lancers cet hiver... on verra ce que ça va donner ! », ajoute l’athlète en riant. Bernard Lachance s’entraîne sérieusement, mais on sent qu’il s’amuse comme un enfant. Et il aimerait que d’autres en fassent autant.

« Le champion ontarien Earl Fee va avoir 90 ans ! » lance-t-il.

L’athlétisme comme vétéran

Bernard Lachance fait mentir ceux qui disent que les sports d’athlétisme en salle sont réservés à ceux qui ont passé leurs jeunes années dans des clubs. L’athlète de bientôt 69 ans s’y est mis à 55 ans.
Photo courtoisie
Bernard Lachance fait mentir ceux qui disent que les sports d’athlétisme en salle sont réservés à ceux qui ont passé leurs jeunes années dans des clubs. L’athlète de bientôt 69 ans s’y est mis à 55 ans.

Au Québec, il y a des centaines de milliers de coureurs vétérans. Ils étaient plus de 20 000, par exemple, à compléter un demi-marathon en 2018.

188 : le nombre d’athlètes sur piste en athlétisme en 2018

106 : le nombre d’athlètes sur piste en athlétisme en 2013

Les disciplines des vétérans en athlétisme en salle

  • 50 m sur piste
  • 60 m sur piste
  • 200 m sur piste
  • 400 m sur piste
  • 800 m sur piste
  • 1 mile sur piste
  • 1500 m sur piste
  • 3000 m sur piste
  • 5000 m sur piste
  • 50 m haies (30 po, 33 po et 39 po)
  • 60 m haies (30 po, 33 po, 36 po et 39 po)
  • 1500 m marche
  • 3000 m marche
  • 5000 m marche
  • Relais 4 X 200 m
  • Saut en hauteur
  • Saut à la perche
  • Saut en longueur
  • Triple saut
  • Lancer du poids (3 kg, 4 kg, 5 kg, 6 kg et 7,26 kg)
  • Lancer du marteau (16 lb, 20 lb, 25 lb et 35 lb)
  • Pentathlon
  • Heptathlon

L’âge et le sexe des athlètes ont une influence sur les distances, les hauteurs et les charges des épreuves. Tout athlète de plus de 35 ans est considéré comme « vétéran » ou « maître ».