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Il nie toute pression sur l’ex-ministre

Le patron des fonctionnaires dit qu’il n’y a pas eu d’ingérence politique dans l’affaire de la firme SNC-Lavalin

Affaire SNC-Lavalin
Photo Guillaume St-Pierre Le plus haut fonctionnaire fédéral, Michael Wernick, a témoigné jeudi devant le comité de la justice dans l’affaire de la firme d’ingénierie SNC-Lavalin.

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OTTAWA | Le plus haut fonctionnaire fédéral a taillé en pièces les allégations d’ingérence politique visant le bureau du premier ministre dans l’affaire SNC-Lavalin, jeudi, lors d’un surprenant témoignage au comité de la justice.

 

Michael Wernick a soutenu que le reportage du quotidien The Globe and Mail à l’origine des allégations « contient des erreurs », n’est basé que sur des « spéculations » et frise « la diffamation ».

Le greffier du Conseil privé du Canada a admis que l’ex-ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould avait subi une forme de pression dans ce dossier, mais que celle-ci n’était pas « inappropriée ».

Cette confession a déclenché l’ire des oppositions qui n’y voient rien de moins qu’un aveu de culpabilité.

« Si on n’appelle pas ça de l’interférence, je ne sais pas ce que c’est », a réagi le conservateur Pierre Paul-Hus.

Curieux appel

M. Wernick a révélé durant son témoignage d’une heure et demie avoir lui-même appelé Mme Wilson-Raybould le 19 décembre pour lui parler du dossier de SNC-Lavalin. À ce moment, la justice fédérale avait déjà refusé d’entreprendre des négociations avec la multinationale pour lui éviter un procès criminel.

M. Wernick soutient avoir voulu offrir du « contexte » à Mme Wilson-Raybould, qui avait toujours le pouvoir de forcer une négociation avec la firme d’ingénierie. Elle a refusé, quelques semaines avant de perdre son poste à la Justice.

Le haut fonctionnaire raconte avoir dit à la ministre que sa décision aurait des « conséquences sur 9000 Canadiens, en plus des sous-traitants et des retraités » de l’entreprise dont le siège social est à Montréal.

« Mon interprétation de la conversation, c’est qu’il n’y avait aucune pression sur elle, s’est défendu M. Wernick devant les médias après sa comparution. Comment elle a reçu ou interprété cette conversation, c’est à elle de le dire. »

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Secret professionnel

Pour le néo-démocrate Murray Rankin, il devient plus important que jamais d’entendre la version de Mme Wilson-Raybould.

Mais le premier ministre Justin Trudeau n’est pas chaud à l’idée de lever le secret professionnel qui la tient au silence.

« On comprend tout à fait que les gens veulent des réponses [...], mais nous devons faire très attention », a-t-il dit depuis Halifax, en soulignant que deux causes sont devant les tribunaux dans cette affaire.