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Racisme: ignorer ou dénoncer?

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Je crois n’avoir jamais rien lu d’aussi sidérant.

Des poches de commentaires haineux sur internet ne font pas de tout un peuple des racistes, mais qui sont nos décérébrés qui ont commenté avec méchanceté extrême la mort atroce de sept enfants, réfugiés syriens, dans un incendie en Nouvelle-Écosse ?

« Sept de moins », « Bye bye les immigrés », « ... du bon boulot j’aurais pas fait mieux... », « J’espère que ce ne sont pas les parents qui ont mis le feu pour faire un sacrifice à leur dieu », « désolée pour les enfants mais bin écœuré de payer pour eux moi ».

Les gens normaux ont eu le cœur brisé par ce drame. Sept enfants de quatre mois à 15 ans brûlés vifs, le père entre la vie et la mort, c’est insoutenable.

Mais que faire avec ceux qui croient que « bon débarras » est un commentaire approprié ?

Qui a le droit ?

Cette semaine, le président français Emmanuel Macron a visité un cimetière juif profané en Alsace. France 3 a dû interrompre sa diffusion de l’événement en Facebook live en raison de la déferlante de commentaires antisémites, voire d’appels au meurtre.

Les journalistes-modérateurs de la chaîne ne pouvaient les retirer assez rapidement, selon Le Point. Ils ont donc choisi de débrancher.

Les réseaux sociaux n’ont pas inventé la haine et l’ignorance, mais quelle nouvelle « mode » pousse les gens à parader en montrant ce qu’ils ont de plus laid en eux ?

En parler est problématique – l’effet non désiré est de répandre leur message –, mais se taire normalise l’inhumanité, un grave danger en cette ère de porosité morale. Je suis d’accord avec l’ex-premier ministre français Manuel Valls : « Il faut affronter les pulsions les plus malsaines de notre société. »

J’aime mieux savoir que ces gens existent. Même s’ils sont minoritaires.

Du moins je l’espère, mais par moment, je ne sais plus quoi penser.