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Un incendiaire s’en tire avec huit mois de prison

Petit a mis en danger la vie d’une soixantaine de personnes âgées de son immeuble de logements

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Un sexagénaire coupable d'avoir mis en danger la vie d’une soixantaine de personnes âgées de son immeuble de logements, à Beauport, en incendiant sa chaise berçante alors qu'il était en proie à une psychose toxique, s’en tire avec une peine de huit mois de prison. 

«C’est un crime passible de l’emprisonnement à perpétuité. Il y avait 30 logements, monsieur, il aurait pu y avoir des morts, dans cet événement-là», a rappelé sévèrement à Yvan Petit le juge Bernard Lemieux, avant d’entériner la suggestion commune de la procureure de la Couronne, Me Lucie Tritz, et de l’avocate de l’accusé, Me Caroline Guilbert. 

Reprise en main 

Le soir du 29 octobre 2017, Petit était sous l’effet de drogues et n’avait pas dormi depuis plusieurs jours. En pleine psychose dans son appartement de la rue Joncas, il se croyait en danger et criait «à l’aide». 

Il avait ensuite pris un briquet pour mettre le feu à sa chaise berçante. Tous les résidents, dont certaines personnes âgées à mobilité réduite, avaient été évacués. 

Le brasier, qui a causé pour 130 000 $ de dommages, avait été maîtrisé rapidement grâce à l’intervention d’une cinquantaine de pompiers. 

Petit, 61 ans, qui avait plaidé coupable en décembre, bénéficie d’une peine clémente compte tenu des efforts manifestes qu’il a faits pour se «reprendre en main». 

À la suite des événements, il a suivi une thérapie fermée de six mois et respecté toutes ses conditions de remise en liberté. 

Le sexagénaire, dont les seuls antécédents en matière de vol, de voies de fait et de possession simple de stupéfiants remontent à il y a 30 ans, est sobre depuis. Son rapport présentenciel, «très positif», note un faible risque de récidive. 

Regrets 

«Il n’y avait pas de préméditation. Il était sous le coup de substances. Ce n’est pas un individu qui a décidé volontairement, par malice ou autre, de causer cet incendie», a souligné Me Tritz, qui voit dans ce crime un «geste isolé» dans la vie du condamné. 

«Je veux exprimer mes regrets pour ce que j’ai fait, a dit Petit devant le tribunal. Je suis conscient que j’ai passé à deux doigts d’y rester et de sauter du troisième étage, et des risques potentiels que j’ai fait subir aux autres locataires. Je n’ai jamais souhaité mettre la vie des autres en danger. J’ai eu ma leçon. Ça va être un incitatif à mener une meilleure vie», a-t-il soutenu. 

43 jours restants 

Puisque les parties ont suggéré de compter ses jours passés en thérapie fermée comme du temps purgé, en plus de sa détention provisoire, il lui reste 43 jours à purger de façon discontinue, soit les dimanches et lundis. 

«J’ai vu des peines beaucoup plus sévères, trois, quatre, cinq ans pour ce genre de crimes», a convenu le magistrat. Mais puisque chaque peine doit s'harmoniser à l'accusé, le juge l'a considérée raisonnable. 

Petit sera assujetti à une probation de deux ans, comprenant un suivi de 18 mois lors duquel il devra suivre toute thérapie jugée nécessaire. 

Il doit aussi compléter 150 heures de travaux communautaires. Il lui est interdit de consommer toute drogue, incluant le cannabis. Il ne peut non plus se trouver dans le bâtiment qu’il a incendié.

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