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Cafouillage embarrassant à la Caisse de dépôt

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À la Caisse de dépôt et placement, de qui relève Otéra Capital, la filiale de financement immobilier qui fait actuellement l’objet d’une enquête interne sur les apparences de conflits d’intérêts impliquant trois dirigeants de la filiale, dont son grand patron Alfonso Graceffa ?

Eh bien, imaginez-vous que Michael Sabia et son bras droit de l’immobilier, Daniel Fournier d’Ivanhoé Cambridge, ont été incapables de donner une réponse claire à cette question. Pendant plus ou moins 15 minutes, les journalistes présents hier au dévoilement des résultats 2018 de la Caisse ont assisté à une incroyable séance de cafouillage de la part de MM. Sabia et Fournier.

Cela étant dit, j’inviterais le président du CA de la Caisse, Robert Tessier, à convoquer au plus vite ses deux hauts dirigeants (Sabia et Fournier) pour leur rappeler comment fonctionne la structure organisationnelle de la Caisse.

Voici la procédure à suivre :

1. Mettre la main sur le rapport annuel 2017 (le 2018 n’est pas encore publié)

2. Aller à la page 108

3. Fixer le graphique 45 qui présente ladite structure organisationnelle

Si MM. Sabia et Fournier regardent attentivement, ils vont constater quoi ? Que la filiale Otéra Capital fait partie, avec Ivanhoé Cambridge, des « Filiales immobilières ». Et ces filiales immobilières relèvent de qui ? Du président et chef de la direction, Michael Sabia. Qui relève de qui ? Du conseil d’administration, lequel est chapeauté par le président du conseil, Robert Tessier.

À la décharge de MM. Sabia et Fournier, il faut dire que l’actuelle enquête sur les apparences de conflits d’intérêts au sein d’Otéra Capital semble vraiment les tracasser au plus haut point.

Les résultats maintenant

Heureusement pour les déposants, Michael Sabia et son équipe de gestionnaires ont mis en place une stratégie de placements qui a fort bien tiré son épingle du jeu en 2018, une année marquée par la grande turbulence boursière.

Le rendement de 4,2 % du portefeuille de la Caisse en 2018 est en soi remarquable. C’est une performance nettement supérieure au rendement moyen des grands fonds diversifiés, lequel rendement se résume à une perte annuelle de 2,3 %.

Et cette relative bonne performance de la Caisse a été réalisée alors que les grands indices boursiers de par le monde ont tous accusé des reculs, les baisses allant de 5 à 24 %.

De plus en 2018, il ne fallait également pas compter sur le marché des obligations négociables pour arrondir les fins de mois des investisseurs : le marché obligataire a carrément végété durant toute l’année.

Quel est le secret de Michael Sabia et de ses gestionnaires de portefeuille pour réussir à rapporter 4,2 % en une année 2018 si difficile ?

Le secret réside dans le rendement des actifs suivants : les placements privés (16,6 %) ; les infrastructures (11,2 %) ; les immeubles (7,8 %) ; et les performantes multinationales inscrites en Bourse (6,4 %).

Malgré toutes les incertitudes qui planent sur les marchés financiers, telles les tensions commerciales USA/Chine, le Brexit, la révolte des gilets jaunes, les changements de gouvernement... la Caisse devrait continuer à relativement bien performer en 2019. Et selon Michael Sabia, pas de récession en vue. Ouf !

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