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Ils se félicitent d’avoir quitté Montréal pour Varennes

Croissance économique et conscience environnementale font partie du secret

bonheur Varennes
Photo Chantal Poirier Stéphanie Gemme et Benoît Marcotte avec leurs filles Lara, 7 ans, et Alexia, 3 ans. Ils possèdent un restaurant gastronomique, un resto-pub et un comptoir alimentaire, tous situés dans le quartier industriel de Varennes, un choix qui s’est avéré être le bon.

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Un couple d’entrepreneurs ne savait pas que leur ville allait devenir la reine du bonheur quand ils ont fermé leur restaurant de Montréal pour se concentrer sur Varennes.

« Toutes les fois que j’ai pris une décision d’affaires, [la ville] m’a donné raison après », dit Benoît Marcotte, 41 ans, copropriétaire du pub La Méchante Virée.

Varennes est située en Montérégie en bordure du fleuve Saint-Laurent, à 25 km du centre-ville de Montréal. Ses 21 000 habitants ont un revenu supérieur à la moyenne du Québec et le taux de chômage y est inférieur.

En seulement huit ans, 118 nouvelles entreprises se sont établies à Varennes, souligne le maire Martin Damphousse.

« Mais quand je suis arrivé, il n’y avait rien ici. Juste des champs », se souvient M. Marcotte à propos de l’endroit où il a ouvert son resto-pub avec sa conjointe Stéphanie Gemme.

Il a choisi de vivre à Varennes avec sa conjointe il y a une dizaine d’années pour le bon rapport qualité-prix des maisons. En 2014, ils ont entendu dire que Jean Coutu songeait à y installer son siège social.

Pile ou face

« Mais il n’y avait aucune garantie. C’était comme de tirer à pile ou face », a dit M. Marcotte.

Depuis, le couple a fermé son établissement montréalais et multiplié les commerces à Varennes. Car avec tous les nouveaux emplois créés, la demande en restauration a explosé, explique-t-il.

Côté vie de famille, les infrastructures comme les parcs, arénas et scènes culturelles ont suivi.

Une fille du couple, Lara, 7 ans, s’adonne à la gymnastique, la natation et le piano sans avoir à sortir des limites de la ville.

Selon le sondage Léger, Varennes est la ville au Québec qui se classe au premier rang (97 %) sur l’échelle de l’authenticité.

C’est-à-dire que les gens ont le sentiment de vivre en harmonie avec leurs valeurs, explique le sondeur Pierre Côté.

Les Varennois se démarquent aussi dans le sondage par leur civilité et leur conscience environnementale.

Il n’est donc pas étonnant que les bornes de recharge électrique se multiplient et que l’usine de traitement du compost ait le vent dans les voiles, souligne le maire.

Bibliothèque « du futur »

De plus, les Varennois peuvent emprunter leurs livres dans le premier bâtiment net zéro au Québec, une « bibliothèque du futur » qui produit autant d’énergie qu’elle en consomme grâce à ses panneaux solaires et sa ventilation intelligente.

« Fallait oser en mautadit ! » s’exclame M. Damphousse.

Sur les 10,3 millions $ qu’a coûtés la construction, le maire espérait amasser 1 M$ en dons de citoyens. Il en a recueilli le double.

« Quand la ville organise des activités, les gens embarquent », dit Benoît Jacques, 32 ans et bientôt père de trois enfants.

 

Surprise et incompréhension à Sainte-Marthe

La plupart des gens rencontrés à Sainte-Marthe-sur-le-Lac se disent très heureux et ne comprennent pas pourquoi leur ville arrive en dernière position du palmarès du bonheur. Ce qui ne les empêche pas de critiquer son rapide développement.

« On est très bien ici. C’est tranquille, c’est paisible », dit Carole Arnois, 52 ans, à propos de sa petite municipalité des Laurentides.

Plusieurs citoyens émettent l’hypothèse que la multiplication des projets domiciliaires au cours des dernières années peut être une source d’insatisfaction commune aux Marthelacquois.

Depuis le début des années 2000, la population a plus que doublé, dépassant aujourd’hui les 18 000 habitants.

« J’ai maintenant 36 voisins en arrière de chez moi », dit Mario Boucher, 67 ans.

Une ville dortoir

Olivier Émond, trésorier du Club optimiste, est un des rares à ne pas être étonné du faible résultat de sa ville natale.

« Il n’y a plus de forêt. Juste des bungalows. C’est devenu une ville dortoir », dit-il.

Ce syndrome de la « ville champignon » peut rendre difficile l’évaluation des services dont ont besoin les citoyens, surtout quand elle est beaucoup moins riche que d’autres, illustre la professeure à l’UQAM Danielle Pilette.

Peu d’Infrastructures

Selon le conseiller municipal indépendant François Robillard, les infrastructures n’ont pas suivi la croissance de la population. Les résidents n’ont toujours pas d’aréna ni de piscine et doivent maintenant endurer la congestion sur le principal boulevard, explique-t-il.

De plus, « il y a un climat de chicane et de désinvestissement. Les gens ne s’impliquent dans rien et ça critique tout le temps », témoigne Denis Pilon, un ancien policier qui a été conseiller municipal de 1990 à 1994.

N’empêche, « c’est dommage parce que c’est quand même une belle ville. Je pense que la majorité des gens sont heureux d’être ici », note M. Robillard.