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Changements climatiques: les stations de ski doivent se préparer

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L'industrie du ski au Québec aura fort à faire au cours des prochaines années pour se préparer «au plus important défi auquel elle aura été confrontée de son histoire», a averti l'institut de recherche Ouranos dans un rapport décrivant l'impact du réchauffement climatique sur les stations de ski.

Selon l'étude dévoilée lundi, les stations de ski des Cantons-de-l'Est devront apprendre à composer avec un retard de sept à dix jours pour le début de la saison de glisse en 2050, par rapport à aujourd'hui. Par ailleurs, la saison de ski raccourcira de 10 à 20 jours, en moyenne, d'ici 2050.

Ces changements risquent de poser problème pour les propriétaires de stations de ski. «En général, il y a 120 jours de ski dans une saison. Cent jours de ski, c'est à peu près le seuil de rentabilité qu'on peut estimer pour la moyenne des stations», a détaillé Jean-Michel Ryan, président-directeur général du Mont Sutton, en entrevue avec TVA Nouvelles.

Par ailleurs, Ouranos s'attend à ce que les changements climatiques se traduisent, d'ici 2050, par une diminution moyenne des précipitations sous forme de neige de 15 %. Au contraire, les stations de ski des Cantons-de-l'Est devront composer avec 130 mm de pluie en plus par hiver, en moyenne, tout en disposant de moins de périodes froides pour fabriquer de la neige.

Proactifs

«Il faut vraiment investir, dans les stations, dans des systèmes d'enneigement pour être capables de frapper plus vite une plus grosse surface», a jugé M. Ryan au vu de ces données.

Les stations de ski de l'Estrie ont déjà pris les devants pour s'acclimater aux changements climatiques. «Il y a eu pratiquement 400 millions $ en investissement dans les Cantons-de-l'Est cette année à ce niveau-là, avec les stations de ski», a souligné Francine Patenaude, directrice générale de Tourisme Cantons-de-l'Est, à TVA Nouvelles.

Des changements devront néanmoins être apportés pour aider les stations à s'adapter, par exemple en révisant le coût de l'électricité, estiment les acteurs de l'industrie. «Il va y avoir des améliorations au niveau de la grille tarifaire qui vont être nécessaires pour que l'on soit concurrentiel avec les stations du Nord-Est des États-Unis», estime Michel Ryan.

Dans les Cantons-de-l'Est, les six stations de ski représentent des retombées économiques de 214,5 millions $ et génèrent environ 3000 emplois.

Avec les informations de Jean-François Desbiens, TVA Nouvelles