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SNC-Lavalin: Jody Wilson-Raybould pourra enfin donner sa version des faits

L'ex-ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould
Photo d'archives, Matthew Usherwood L'ex-ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould

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OTTAWA | Après des semaines de suspense, le gouvernement Trudeau autorise finalement la ministre démissionnaire au cœur de l’affaire SNC-Lavalin, Jody Wilson-Raybould, à donner sa version des faits.

L’ex-ministre de la Justice sera donc en mesure de divulguer « tout renseignement confidentiel » ayant fait l’objet « de discussions directes avec elle » concernant l’affaire SNC-Lavalin, dans le cadre de l’enquête du comité de la justice, a annoncé le gouvernement par décret, lundi soir.

Seul bémol : il sera interdit à Mme Wilson-Raybould de dévoiler le contenu des informations échangées avec la procureure au dossier qui a refusé de permettre à SNC-Lavalin de négocier une entente à l’amiable afin d’éviter un procès criminel pour fraude et corruption.

Mme Wilson-Raybould avait averti qu’elle ne témoignerait pas au comité avant de pouvoir librement s’exprimer. Sa comparution est attendue cette semaine.

Dans une lettre transmise au président du comité, lundi, l’ex-ministre de la Colombie-Britannique a dit avoir « hâte » de donner sa version des faits. Elle invitait du même souffle le gouvernement à lever le secret professionnel qui la tient au silence depuis le début de la crise. C’est maintenant chose faite.

Motion battue

L’affaire SCN-Lavalin a éclaté le 7 février, lorsque le quotidien The Globe and Mail a allégué que le bureau du premier ministre a fait d’intenses pressions sur Mme Wilson-Raybould pour aider la multinationale à éviter un procès criminel.

Celle qui a démissionné de son poste de ministre des Anciens Combattants dans la foulée de cette affaire n’a jamais confirmé ni démenti ces allégations.

Le premier ministre Justin Trudeau, son plus proche conseiller lui aussi démissionnaire Gerald Butts, ainsi que Michael Wernick, le patron de l’appareil fédéral, ont tous nié avoir quoi que ce soit à se reprocher. S’ils ont admis qu’une forme de pression sur Mme Wilson-Raybould ait pu être exercée, cette pression n’était pas « inappropriée », ont-ils fait valoir.

Les libéraux fédéraux ont par ailleurs utilisé leur majorité aux Communes pour bloquer la comparution de M. Trudeau au comité de la justice dans le cadre de son enquête. La motion conservatrice le sommant de comparaître dans une audience télévisée de deux heures a été battue 106 voix contre 155, lundi soir.