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Un violeur condamné grâce à l’ADN du bébé de sa victime

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Une adolescente qui a été violée lors d’une soirée passée avec quatre jeunes hommes, dont elle n’a aucun souvenir, a vu l’un d’eux prendre le chemin du pénitencier pour quatre ans, grâce à l’ADN du bébé qu’il lui a fait. 

 Sara (prénom fictif) avait 15 ans, en 2013, quand une connaissance l’invite à une fête. Alors qu’elle s’attendait à voir plusieurs personnes, elle se rend compte à son arrivée dans l’appartement qu’elle est la seule fille au rendez-vous.  

 Outre celui qui l’a invitée, trois autres hommes d’origine colombienne, tous dans la jeune vingtaine, sont dans le logement, dont Orlando Polania Castano, 23 ans.  

 Vodka  

 Les jeunes hommes lui font consommer de la vodka, beaucoup de vodka, jusqu’à en «perdre complètement la carte», a raconté lundi la procureure de la Couronne, Me Mélanie Dufour.  

 Quand Sara se réveille le lendemain, elle n’a aucun souvenir de sa soirée, mais elle a des douleurs partout: à la gorge, à la tête, aux bras, aux jambes et surtout, aux parties génitales. Elle quitte les lieux, alors que les quatre hommes sont toujours dans l’appartement.  

 Une dizaine de jours plus tard, les douleurs sont toujours vives. Sara consulte l’infirmière de son école et est finalement hospitalisée deux jours. Elle passe de nombreux examens médicaux. Elle a notamment des fissures anales et apprend qu’elle est enceinte. 

 Prélèvements d’ADN  

 Une plainte est déposée à la police, mais l’enquête sera longue. Lorsque Sara accouche, des prélèvements d’ADN sont faits sur elle et sur sa fillette.  

 La police de Québec obtient des mandats pour prélever des échantillons d’ADN sur les jeunes hommes.  

 Les analyses sont formelles: Polania Castano est le père du bébé. C’est grâce à cette preuve que des accusations criminelles sont finalement déposées contre lui, en novembre 2017, plus de quatre ans après cette nuit.  

 Faute de preuve et puisque Polania Castano n’a jamais incriminé les autres hommes impliqués, il est le seul qui a été accusé.  

 Il plaide coupable  

 L'homme de 29 ans, sans antécédents judiciaires, a reconnu sa culpabilité lundi en plaidant coupable à un chef de contacts sexuels sur une enfant de moins de 16 ans.  

 Celui qui a obtenu sa citoyenneté canadienne il y a deux ans, et qui est père d’un autre bébé, a écopé d’une peine de quatre ans de détention, une suggestion commune de la poursuite et de son avocate, Me Geneviève Bertrand.  

 «C’est une aventure commune, ce n’est pas lui qui était l’instigateur au départ, a affirmé Me Bertrand. Ça n’excuse en aucun temps ce qui s’est passé cette soirée-là. Or, c’est le seul qui est accusé et qui recevra une lourde peine aujourd’hui», a-t-elle mentionné.  

 Tout en essuyant une larme, Polania Castano s’est dit «désolé». «C’est une histoire extrêmement triste, dont les conséquences sont extrêmement graves et difficilement quantifiables», a souligné le juge Mario Tremblay, avant d’entériner la peine suggérée.  

 Le violeur sera inscrit au registre des délinquants sexuels pour une période de 20 ans.  

 Quant à la victime, elle n’était pas présente en cour lundi. Elle n’a pas souhaité non plus faire une déclaration avant de voir son agresseur prendre le chemin du pénitencier.