/news/currentevents
Navigation

Un témoin relate que le présumé meurtrier voulait un AK-47

Un copropriétaire de bar de danseuses nues et sa gérante ont été assassinés

Coup d'oeil sur cet article

SAINT-HYACINTHE | Un homme craignait tellement l’accusé des meurtres du copropriétaire et de la gérante du bar de danseuses nues le Cabaret Flamingo, en Montérégie, qu’il a facilité l’achat d’une arme et de plusieurs munitions 10 jours avant le crime.

Patrick Bélanger a expliqué dans quel contexte il a collaboré à acheter une arme à Giuseppe de Leto, 37 ans, mardi, lors du procès de celui-ci au palais de justice de Saint-Hyacinthe.

M. Bélanger a commencé à fréquenter le bar de danseuses nues lorsque son ami Martin Bélair, une des victimes, l’a acheté, en juillet 2014. Ce dernier lui a présenté de Leto et les deux hommes ont commencé à parler de chasse.

Selon le témoignage de M. Bélanger, de Leto a rapidement voulu savoir si le chasseur était capable de lui procurer une mitrailleuse AK-47.

Quelques mois plus tard, l’accusé lui a mentionné qu’il « était tanné de se faire niaiser », car M. Bélanger ne lui apportait jamais la mitrailleuse.

« J’ai eu un ultimatum », a affirmé M. Bélanger au tribunal.

Achat d’un .12

Le 27 décembre 2014, M. Bélanger est monté à bord d’un camion conduit par de Leto. Un ami de l’accusé, Francis Yergeau, était aussi dans le véhicule.

Lors de cette journée, le trio a fait un premier arrêt dans un magasin SAIL où 1500 munitions pour une mitrailleuse AK-47 ont été achetées grâce au permis d’acquisition d’armes à feu de M. Bélanger.

De Leto et M. Yergeau l’ont ensuite conduit dans une boutique spécialisée de chasse et pêche à Ottawa. L’accusé y a acheté une arme de calibre .12, toujours avec le permis de M. Bélanger.

Par la suite, le témoin effrayé s’est rendu à une cimenterie située à Acton Vale, près de Saint-Hyacinthe, où les deux hommes travaillaient.

Ils lui ont demandé d’assembler la nouvelle arme et de retirer le numéro de série à l’aide d’un outil. Ce que M. Bélanger a fait.

Ensuite, de Leto a déposé une arme semi-automatique TEC-9 sur la table de la cafétéria de la cimenterie, afin que M. Bélanger l’observe.

« Je paniquais ben raide. J’avais peur de mourir là », a-t-il relaté au jury.

Peur pour sa vie

M. Bélanger a affirmé que s’il n’a pas parlé rapidement aux policiers lorsqu’il a appris les décès de la gérante du bar Nancy Beaulieu et de M. Bélair, c’est parce qu’il avait peur pour sa vie.

« J’en ai parlé longtemps après [les meurtres] aux policiers. Mon intention était d’en parler un jour. Mais je ne dormais pas et je vérifiais 50 fois par jour si ma porte était barrée », a-t-il ajouté.