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Affaire SNC-Lavalin: Trudeau se défend de ne pas laisser Wilson-Raybould dire toute sa vérité

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Photo Agence QMI, Matthew Usherwood

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OTTAWA | Justin Trudeau se défend de ne pas permettre à l’ex-ministre démissionnaire Jody Wilson-Raybould d’expliquer les raisons de sa démission dans la foulée de l’affaire SNC-Lavalin.

Mme Wilson-Raybould doit finalement comparaitre cet après-midi au comité de la justice afin de livrer sa version des faits dans cette affaire. Mais dans une lettre envoyée au président du comité quelques heures avant son témoignage, l’élue de Vancouver déplore d'avoir encore les mains liées à plusieurs égards.

Elle ne pourra pas, par exemple, offrir de détails concernant sa démission le 12 février dernier de son poste de ministre des Anciens Combattants, écrit-elle.

Le gouvernement Trudeau a bien voulu lever le secret professionnel qui tient Mme Wilson-Raybould au silence. Or, cette exemption ne couvre que la période où elle était ministre de la Justice, soit jusqu’à la mi-janvier.

«On a pris la décision sans précédent de lever la protection du secret professionnel et la confidentialité du Conseil des ministres pour permettre à Mme Wilson-Raybould de s’exprimer librement sur l’enjeu de SNC-Lavalin et la pression qu’elle aurait pu subir», a affirmé le premier ministre Trudeau mercredi matin.

Saisissant la balle au bond, l’opposition conservatrice a une nouvelle fois accusé les libéraux d’opérer un cover-up dans cette affaire.

«Si on veut vraiment aller au fond des choses, il faut qu’il puisse dire tout ce qu’elle veut dire», croit le conservateur Gérard Deltell.

Le chef du Bloc québécois ne se fait pour sa part pas d’illusion quant au contenu du témoignage fort attendu de Mme Wilson-Raybould.

«Quand ça prend trois semaines à avoir toute la vérité, c’est parce ce que ce qu’on va avoir, ce ne sera pas toute la vérité. Ça va être une version concoctée et convenue de la vérité», estime Yves-François Blanchet.

Ce dernier accuse par ailleurs libéraux et conservateurs de jouer un jeu politique sur le dos des travailleurs de SNC-Lavalin qui s’inquiètent pour leur emploi.

Le témoignage fort attendu de l’ex-ministre de la Justice est susceptible d’atténuer ou d’amplifier la crise politique dans laquelle est embourbé le gouvernement Trudeau depuis trois semaines.

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L’affaire SNC-Lavalin a éclaté lorsque le journal Globe and Mail a allégué que Mme Wilson-Raybould a subi des pressions pour aider la multinationale québécoise à éviter un procès criminel pour fraude et corruption.

Justin Trudeau, son plus proche conseiller lui aussi démissionnaire Gerald Butts, ainsi que Michael Wernick, le patron de l’appareil fédéral, ont tous nié avoir quoi que ce soit à se reprocher. S’ils ont admis qu’une forme de pression sur Mme Wilson-Raybould ait pu être exercée, cette pression n’était pas «inappropriée», ont-ils fait valoir.

La principale intéressée n’a jamais confirmé ni démenti les allégations d’ingérence politique.