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Le tueur de son mari pourra sortir plus tôt

La femme du livreur de boulangerie assassiné en 1997 à Laval sous un faux prétexte est déçue de la décision

Meutre Marek Mandziuch
Photo d'archives Denis Caron a assassiné Marek Mandziuch en décembre 1997, à Laval.

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La veuve d’un livreur de boulangerie, assassiné en 1997, est déçue qu’un jury de Laval ait récemment accordé au meurtrier de son mari la permission de sortir du pénitencier cinq ans plus tôt que prévu.

« Je pensais qu’ils [les jurés] allaient le laisser faire sa peine. Ce n’est pas quelqu’un qui a fait ça par accident, c’est un tueur à gages », a déploré Béatrice, qui a demandé qu’on taise son nom de famille.

La dame, aujourd’hui dans la cinquantaine, a lu la semaine dernière une lettre au tribunal dans l’espoir que le meurtrier de son mari ne puisse pas bénéficier de la clause de la dernière chance.

« Je l’ai fait pour la société. Pour moi, on ne peut pas changer les traits d’une personne comme ça », a-t-elle mentionné mercredi, en entrevue avec Le Journal.

Après deux jours de délibérations, le jury de six hommes et six femmes a néanmoins permis à Denis Caron de demander une libération conditionnelle totale en 2022, soit cinq ans plus tôt que prévu.

Abolie en 2011

« La loi n’existe plus maintenant, mais lui il va sortir parce que ce n’était pas rétroactif quand la loi a été enlevée [en 2011] », a souligné la veuve de la victime.

« J’espère que cette loi ne reviendra jamais pour toutes les familles qui pensaient avoir la paix et qui sont replongées dans le passé avec de telles demandes », a pour sa part commenté Nancy Roy, directrice générale de l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD).

Conformément aux normes de la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC), le condamné à vie pourrait demander des permissions de sortie trois ans auparavant, soit dès maintenant.

Cela ne signifie toutefois pas que la CLCC acquiescerait à une telle demande.

Béatrice a vu mourir son mari Marek Mandziuch, le 10 décembre 1997, à leur résidence de Laval.

L’assassin a traqué le livreur de boulangerie de 34 ans et l’a atteint de quatre projectiles d’arme à feu dans l’embrasure de sa porte de garage.

Le tueur a exécuté ce contrat pour le compte d’une femme qui affirmait que la victime avait agressé sexuellement une fillette. Caron, qui a reçu 10 000 $ pour abattre le père de famille, a appris plus tard qu’il s’agissait d’un prétexte.

Commanditaire en liberté

Or, la véritable commanditaire du crime court toujours et n’a jamais été accusée.

« Je souhaiterais que cette personne-là soit arrêtée. Elle a gâché toute ma vie et celle de mes enfants », a soutenu Béatrice.

Le nom de la femme à l’origine du meurtre n’a pas été divulgué au jury chargé de réviser le dossier de Caron, mais il semble être connu des autorités depuis un bon moment.

D’après nos recherches, la dame est nommée dans un jugement de la Cour d’appel datant de 2007.

« [Caron] a dit qu’il se sentait coupable. S’il collabore pour arrêter la femme, je serais d’accord à ce qu’il sorte plus tôt, mais sinon, qu’il reste où il est », a conclu Béatrice.