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Tout le monde crie à une erreur «inacceptable»

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OTTAWA | Autant les libéraux fédéraux que les oppositions s’insurgent que le gouvernement canadien a perdu au moins 700 testaments d’Autochtones québécois et que les volontés d’environ 150 défunts pourraient ne pas avoir été respectées.

« J’ai appris dernièrement l’existence de problèmes liés au traitement des testaments des peuples autochtones qui ont été fournis au gouvernement du Canada aussi récemment qu’il y a deux décennies. C’est inacceptable que cela soit arrivé. Notre gouvernement prend plusieurs mesures immédiates pour informer, et appuyer toutes les personnes touchées », a réagi par communiqué le ministre des Services aux Autochtones, Seamus O’Regan.

Celui-ci réagissait aux révélations de notre Bureau d’enquête voulant qu’Affaires autochtones et du Nord du Canada (AANC) ait réalisé en 2017, lors d’une recherche de tous ses dossiers testamentaires au bureau de Québec, que le ministère avait perdu la trace de 700 à 750 d’entre eux.

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Une loi à abolir

De ce nombre, jusqu’à 150 appartenaient à des personnes décédées, ce qui veut dire que leurs dernières volontés n’ont peut-être pas été respectées. Dans ces cas, l’héritage du défunt n’a possiblement pas été distribué aux bonnes personnes.

« Un testament n’est pas juste un document où on fait le partage des biens. Il y a une idée derrière ça, des valeurs, et des gens qui sont impliqués. Un testament représente nos dernières paroles, et là on ramène les proches à revivre le deuil », s’est insurgée Marilène Gill, députée du Bloc québécois.

« Au-delà de l’erreur inadmissible commise par le ministère, il y a lieu de se questionner fondamentalement sur la place de cette Loi sur les Indiens qui existe encore aujourd’hui, en 2019, au Canada, et permet ce contrôle du ministère sur les Autochtones, même après leur décès. Il est temps d’abolir cette loi », a martelé Roméo Saganash, député autochtone du Québec pour le Nouveau Parti démocratique.