/sports/opinion/columnists
Navigation

À toi de jouer, Carey !

Le sort du Canadien est entre les mains de Carey Price, et il semble être en mission.
Photo Martin Chevalier Le sort du Canadien est entre les mains de Carey Price, et il semble être en mission.

Coup d'oeil sur cet article

À défaut de nouveaux renforts, le sort du Canadien est principalement entre les mains de Carey Price, et si jamais il le propulsait en séries éliminatoires, il devrait être considéré comme un des trois candidats au trophée Vézina.

« À toi de jouer, Carey ! » C’est un peu le message qu’a envoyé Marc Bergevin à son gardien en ne transigeant pas, lundi. Ça me fait penser à la période de transactions de 2002, lors de ma grosse saison. Nous étions sensiblement dans la même position que le Canadien aujourd’hui.

Je n’oublierai jamais la déclaration de mon entraîneur de gardiens, Roland Melanson. Il avait déclaré dans les médias : « José doit nous amener en séries. » Ouf !

Je connaissais une très bonne saison, mais j’avais seulement 25 ans et je n’étais pas du tout dans la même position que Price. J’ai trouvé que Roland m’avait mis pas mal de pression sur les épaules cette fois-là.

J’avais quand même terminé la saison en force avec sept victoires d’affilée avant de perdre mon dernier match. Nous avons accédé aux séries par la peau des dents avec 87 points, seulement deux de plus que les Capitals de Washington.

Price comprend son rôle

Ni Bergevin, ni Claude Julien, ni Stéphane Waite n’ont besoin de dire à Price que les espoirs de participer aux séries reposent sur lui. Il sait très bien ce qu’il doit faire, et c’est pour ça qu’il est payé 10 millions par saison.

Le Canadien s’est placé dans une position inconfortable et il n’a pas été convaincant récemment. On ne fera pas tout un plat avec la victoire à Detroit, mardi. La bonne nouvelle, c’est que semaine après semaine, Price est le joueur le plus rassurant de l’équipe.

On sent qu’il est en mission et il est le meilleur gardien parmi les équipes avec lesquelles le Canadien est en compétition dans la lutte aux séries.

Et disons qu’on a plus de chances de voir Price faire la différence dans un match que l’attaque massive du Tricolore.

Bergevin fidèle à lui-même

Pour la première fois depuis longtemps, le Canadien possède un bon groupe de jeunes espoirs et on sait que l’avenir est prometteur. Je ne blâmerai pas Bergevin pour ne pas avoir transigé, mais j’aurais quand même aimé qu’il amène un défenseur comme Mikael Del Zotto, Adam McQuaid ou encore Erik Gudbrandson, avec qui j’ai joué en Floride.

Les partisans des Canucks de Vancouver étaient sur son dos récemment, mais je n’aurais aucun problème à voir Gudbranson à Montréal.

La situation du Canadien est ce qu’elle est, mais à la base, on connaît Bergevin et il a été fidèle à lui-même. Il ne veut pas donner de choix au repêchage et il ne veut pas sacrifier ses meilleurs espoirs.

Il n’avait pas beaucoup à offrir, mais on ne sait jamais. Il aurait pu nous surprendre. Après tout, il a déjà dit qu’il n’échangerait jamais Mikhail Sergachev.

Pas un idiot

J’ai tendance à croire Bergevin lorsqu’il a dit qu’on l’aurait traité d’idiot s’il avait accepté certaines offres. Les prix exigés à la date butoir sont souvent trop élevés et on peut se demander jusqu’à quel point il aurait pu améliorer l’équipe.

Une autre raison qui a incité Bergevin à la prudence, c’est qu’il n’a rien à se faire pardonner. Certains DG tentent parfois un coup d’éclat simplement pour faire oublier une mauvaise saison, mais en général, le Canadien a agréablement surpris cette saison.

Cela dit, il y a des directeurs généraux qui trouvent toujours le moyen de combler des besoins, dont Jim Rutherford à Pittsburgh.

Une chose est certaine, les prochaines semaines seront palpitantes !

-Propos recueillis par Gilles Moffet

Entrefilet

Luongo complète le trio québécois
Roberto Luongo a dépassé Ed Belfour au 3e rang pour le plus grand nombre de victoires dans la LNH, et il en a maintenant 485. Bravo ! C’est tout un exploit, compte tenu du fait qu’il n’a pas toujours joué pour de bonnes équipes. Les trois meneurs sont désormais trois Québécois ayant joué dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Martin Brodeur mène le bal avec 691 victoires et Patrick Roy suit à 551. L’arrivée de Luongo dans ce trio consacre l’excellence de la vague québécoise des années 1990. 
 
McPhee aime bouger
On ne pourra jamais accuser le directeur général des Golden Knights de Vegas, George McPhee de s’asseoir sur ses lauriers. Il a toujours aimé transiger. Il a déjà commis des erreurs, mais il a aussi réussi des bons coups. Son équipe est meilleure après l’acquisition de Mark Stone. On voit qu’on a pris goût à gagner à Las Vegas et on espère revivre un beau printemps. Je ne comprends pas cependant que McPhee n’ait pas acquis un gardien comme Keith Kinkaid pour seconder Marc-André Fleury.
 
L’attitude des Blue Jackets
Les Blue Jackets de Columbus ont misé tous leurs jetons. Peut-être qu’ils franchiront enfin une ronde en séries, mais je doute que la chimie soit très bonne. Sergei Bobrovsky et Artemi Panarin veulent partir. Jarmo Kekalainen pourrait être le prochain directeur général à évoquer un problème d’attitude.
 
Mark Messier en grande forme
J’ai rencontré Mark Messier en début de semaine dans le cadre du tournoi de golf The Jake, au Bear Club de Jack Nicklaus à West Palm Beach. Il ne vieillit pas celui-là. Il est en excellente condition physique et je crois même qu’il pourrait encore jouer dans la Ligue nationale. Le joueur de golf de la PGA avec qui j’étais jumelé cette année est Scott Brown, et on a eu beaucoup de plaisir. Encore une fois, je remercie mon beau-père, Jimmy Barrière, pour cette opportunité.