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Navettes d’autobus pour Deux-Montagnes et Mascouche: jusqu'à 40 minutes plus lent que le train

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Les clients des trains de banlieue de Deux-Montagnes et Mascouche devront se tourner vers des autobus et augmenter jusqu'à 80 minutes leur temps de transport quotidien, selon les solutions partielles présentées pour pallier la fermeture des rails pour la construction du Réseau express métropolitain. 

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Pour quelqu’un qui part chaque jour de Deux-Montagnes pour venir au centre-ville de Montréal, ça représente plus de 6 h 30 additionnelles de transport chaque semaine.

Danielle Pilette, professeure au département d’études urbaines et touristiques de l’UQAM, trouve le montant de 192 millions $ annoncé jeudi élevé pour les mesures proposées, et estime que le temps ajouté aux trajets ainsi que le nombre de correspondances découragera l’usage du transport collectif.

«Toute une génération de travailleurs risque d’oublier le transport en commun avec ce genre de mesures, a-t-elle mentionné. L’important, c’est d’aller au plus vite chercher des mesures accommodantes. [...] On sait que si les gens quittent le transport en commun, ils ne le regagnent pas après.»

Le président de Trajectoire Québec, François Pepin, s’est montré plus optimiste. «Les gens vont être pris en charge à leur gare actuelle et amenés directement aux stations de métro, comme Côte-Vertu», a-t-il mentionné, reconnaissant que ces personnes étaient habituées au train, «qui est difficile à battre en termes de confort».

De la gare au métro

Les mesures annoncées sont principalement des autobus qui voyageront les clients de leur gare jusqu’à une station de métro.

Par exemple, à partir de la gare Bois-Franc sur la ligne Deux-Montagnes, où se terminera le service en 2020, un autobus amènera les passagers jusqu’à la station Côte-Vertu en circulant sur une voie réservée déjà en place.La station de métro Côte-Vertu doit par contre fermé en juin, juillet et août 2020 pour le chantier de son nouveau garage.

Mi-2021, quand l’ensemble de la ligne sera fermé, des autobus mèneront encore les clients de leur gare jusqu’à la station, en roulant cette fois sur les accotements d’autoroutes. Pour cette deuxième phase de travaux, l’estimé du temps à ajouter au parcours est encore «en cours d’évaluation».

Incomplet

Même si l’annonce des mesures alternatives était attendue depuis des mois par la population, plusieurs données étaient manquantes lors de l’annonce, jeudi.

Impossible de savoir quelle serait exactement la réduction de tarif, même si la ministre déléguée aux Transports Chantal Rouleau a parlé d’environ 30 %.

L’ajout d’incitatifs au covoiturage est encore à l’étude, et l’approche des grands employeurs encore à venir. Pas moyen de connaître le nombre d’autobus qui devraient être mobilisés pour rendre ces mesures possibles, ni la fréquence de leurs passages.

Danielle Pilette croit que l’encouragement du travail à domicile pourrait jouer un rôle, tout comme des mesures financières incitatives, «par exemple, donner un stationnement gratuit avec le covoiturage».

«On a déjà mentionné qu’on favorisait le covoiturage. On travaille avec les grandes entreprises dans ce sens-là, c’est des mesures qui pourront être mises en place graduellement», a mentionné la ministre Rouleau, sans préciser la date d’une prochaine annonce.

Mont-Royal et Mascouche

Ce n’est pas juste à Deux-Montagnes et à Laval que les conséquences se feront ressentir.

À partir de la gare de Mont-Royal, des navettes mèneront la clientèle aux stations de métro Namur ou Acadie, faisant ainsi au moins doubler leur temps de transport.

Pour la ligne de Mascouche, on parle plutôt de 10 à 15 minutes supplémentaires pour les personnes qui veulent se rendre au centre-ville, et qui seront rabattues par autobus sur la ligne verte.

Rappelons que ce sont les travaux de construction du REM qui forcent l'arrêt de service sur différents tronçons des lignes de train de banlieue au cours des prochaines années.

Avec la collaboration de Francis Pilon

Le REM en chiffres 

- Coût de construction : 6,3 milliards $

- Quatre directions (Rive-Sud, Aéroport Montréal-Trudeau, Sainte-Anne-de-Bellevue, Deux-Montagnes)

- 26 stations

- 67 km

- 100 % électrique

- Janvier 2020 : fermeture du tunnel du mont Royal

- Entre 2021 et 2023 : mise en service graduelle du REM