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Et si le PQ se rendait utile ?

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Cinq mois après la raclée du 1er octobre, le PQ ne donne pas l’impression d’avoir retrouvé ses esprits.

Il fait penser à un boxeur qui lance des coups dans le vide en demandant combien de rounds il reste.

Ses hommes de coin se regardent entre eux et n’osent pas lui dire qu’il est de retour dans le vestiaire après avoir subi un K.O. brutal.

M. Lisée publiera bientôt un livre qui, dit-on, blâmera beaucoup, beaucoup, beaucoup de gens, mais pas lui. Ça promet.

Nouveau parti

Dans les hautes sphères du PQ, pour ce qu’il en reste, certains sont d’avis qu’il faut « tirer la plogue » : le PQ a donné ce qu’il avait à donner, et il a beaucoup donné au Québec.

Ils hésitent, car ce serait une décision dramatique que de faire mourir dans la dignité un parti fondé par René Lévesque et qui, en 1995, s’est approché des côtes de la terre promise.

Et en quoi un nouveau parti serait-il si différent du PQ ?

Si vous êtes un souverainiste, un vrai, de grâce, n’ayez pas la naïveté de croire que Québec solidaire pourrait être le véhicule qui prendra le relais du PQ pour relancer la marche en avant.

La moitié de l’électorat de QS, peut-être plus, est fédéraliste. Pour maintenir son unité, son souverainisme doit rester une coquetterie, un bouton de manchette, un caleçon fleuri.

D’ici à ce que le PQ se branche, on peut cependant lui demander de se rendre utile.

Comment ? En faisant passer la patrie avant le parti, comme le disait Bernard Landry.

Le gouvernement Legault découvre un peu plus chaque jour ce que c’est que d’être un gouvernement provincial dans le Canada d’aujourd’hui.

Sur des questions comme l’immigration et la laïcité, il est cependant du bon côté du débat, du côté de notre intérêt national.

Le PQ ne doit pas faire le fin finaud et s’opposer pour s’opposer. Il doit travailler à renchausser le gouvernement Legault, à faire qu’il ne flanche pas.

Il ne doit pas le soutenir inconditionnellement, mais le soutenir si cela fait progresser l’intérêt national.

Rebrassage

On objectera que la CAQ étant majoritaire, elle n’a pas besoin de l’appui des dix élus du PQ.

Pourtant, sur des sujets comme ceux-là, il serait crucial que la CAQ ne soit pas seule.

Le nouveau partage des eaux en politique québécoise, c’est le camp national, réunissant la CAQ et le PQ, contre le camp multiculturaliste, réunissant le PLQ et QS.

Cela ne veut pas dire que le PQ doit devenir la cinquième roue de la CAQ, dissimulée dans le coffre arrière.

Le PQ, par exemple, a eu raison, cette semaine, de dire que le cours d’éthique et culture religieuse ne doit pas être « rafistolé », mais aboli et repensé. Au-delà des fruits, c’est l’arbre qui est malade.

À court terme, le meilleur service que le PQ peut rendre à notre peuple, c’est de faire plus que simplement fournir des emplois à une poignée de personnes.