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Il «chasse» la monnaie depuis plus d’une décennie à Montréal

Il «chasse» la monnaie depuis plus d’une décennie à Montréal
Photo 24 Heures/Agence QMI, Francis Pilon

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MONTRÉAL – Depuis 2009, un retraité arpente les rues de l’ouest de Montréal et récupère chaque année plus de 250 $ en monnaie abandonnée, qu’il remet à des organismes de charité ou des itinérants de son quartier.

«On m’appelle ici le Chasseur de monnaie, a confié Young So New. Je ne garde rien de l’argent trouvé, ce n’est pas à moi, tout est remis à ma communauté. Les gens doivent arrêter d’abandonner les sous partout et apprendre à respecter ces pièces qui appartiennent aux Canadiens.»

 

Il «chasse» la monnaie depuis plus d’une décennie à Montréal
Photo 24 Heures/Agence QMI, Francis Pilon

L’homme, âgé de 78 ans, est à la tête de la campagne «Sauvons la monnaie. Bien dépenser! Bien conserver!». Il affirme être incapable de faire autrement que de ramasser une pièce lorsqu’elle traîne sur le sol.

Le «24 Heures» l’a accompagné dans sa quête quotidienne, d’une durée de trois heures, dans l'arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce.

Les trottoirs, les parcomètres et les cabines téléphoniques sont les endroits de prédilection où il fouille pour trouver son butin.

 

Il «chasse» la monnaie depuis plus d’une décennie à Montréal
Photo 24 Heures/Agence QMI, Francis Pilon

M. New est d’ailleurs devenu une personnalité publique dans son quartier. Impossible pour lui d'arpenter les rues Sherbrooke ou Monkland sans se faire continuellement saluer par les passants.

«Ils me trouvaient étrange au début, mais maintenant, les gens me respectent et comprennent ma mission. Ramasser la monnaie me permet surtout d’échanger avec les gens du coin, qui sont de plus en plus isolés sur leur cellulaire», a déploré celui qui ne possède qu’un téléphone fixe et aucune autre technologie.

 

Il «chasse» la monnaie depuis plus d’une décennie à Montréal
Photo 24 Heures/Agence QMI, Francis Pilon

Moins de trouvailles

Young So New, d’origine sud-coréenne, est arrivé au Canada le 2 novembre 1987. Il a aujourd’hui deux enfants et cinq petits-enfants.

Son projet de retraite se résume à l’écriture de son journal intime, entamé à l’âge de 10 ans, et à sa récolte de pièces de monnaie. En se fiant à ses écrits, il note que le nombre de sous trouvés dans la rue a diminué au cours des dernières années.

«Je ne pense pas que c’est dû à l’utilisation des cartes ou de la disparition du sou noir depuis 2012 au Canada. C’est plutôt ma campagne de sensibilisation qui fait cet effet», a souligné M. New.

 

Il «chasse» la monnaie depuis plus d’une décennie à Montréal
Photo 24 Heures/Agence QMI, Francis Pilon

Plus de pauvres, plus d’argent

Selon le Montréalais, certains secteurs de la métropole sont plus prospères que d’autres pour trouver de l’argent abandonné.

«Avant, j’allais partout à Montréal, mais je n’ai plus l’énergie. Plus les quartiers sont pauvres, plus je trouve de l’argent au sol. C’est déplorable. Allez à Westmount, par exemple, vous ne trouverez rien», a souligné M. New.

«Mon père m’a appris à respecter l’argent. Chaque sou compte pour devenir un millionnaire», a-t-il ajouté.

Le «Chasseur de monnaie» remet chaque année le fruit de ses trouvailles à l’organisme Montreal Gazette Christmas, à des itinérants et à l’église coréenne de son quartier.