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Le canot à glace arrive en ville

Montréal offre un terrain de pratique assez exceptionnel pour la communauté d’amateurs de canot à glace. En 2014, la toute première équipe montréalaise de canot à glace était formée. En 2019, on en comptera cinq sur le circuit, dont une élite.
Photo courtoisie, Philippe Emond Montréal offre un terrain de pratique assez exceptionnel pour la communauté d’amateurs de canot à glace. En 2014, la toute première équipe montréalaise de canot à glace était formée. En 2019, on en comptera cinq sur le circuit, dont une élite.

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Vendredi aura lieu la 7e édition du Défi canot à glace Montréal. De l’eau a coulé dans le courant Sainte-Marie du fleuve Saint-Laurent depuis ma rencontre avec la première équipe de canot à glace de Montréal, il y a quatre ans. À Sorel-Tracy, le 16 février, l’équipe montréalaise les Coureurs des glaces a remporté la première médaille de l’histoire de la métropole.

À Québec, de nombreux coureurs se développent dans le sport classé comme patrimoine immatériel en profitant du savoir d’un héritage transmis au fil des générations. À Montréal, si on recule d’à peine quatre ans, on retrouve une équipe de curieux pour lesquels les vidéos YouTube étaient la première source d’information.

« On tentait d’analyser leur technique ! Tiens, l’avant se place de telle façon, l’arrière, d’une autre, pour faciliter la transition entre la trotte et la rame : on pourrait essayer ça la prochaine fois », dit Fiona Beaudoin, 42 ans, qui a fait partie de la première équipe de canot à glace de la métropole en 2014. Son acolyte, Florian Cys, 28 ans, aujourd’hui capitaine des Coureurs des glaces était un Français néophyte qui voyait le canot à glace comme une façon de profiter des fameux hivers québécois.

L’Équie des Coureurs des glaces.
Photo courtoisie, Jacques Proulx
L’Équie des Coureurs des glaces.

En 2015, être en mesure de finir la course était l’accomplissement visé. Terminer avant-dernier, une heureuse surprise. Parfois, l’équipe se butait carrément contre un refus de participation d’une organisation du circuit, qui craignait leur sécurité compromise par manque de compétences.

Leur persévérance a porté ses fruits : les Coureurs des glaces (nouvelle équipe formée d’anciens membres des Draveurs) ont réussi à décrocher cette année une médaille de bronze à Sorel-Tracy, la toute première de la jeune histoire montréalaise du canot à glace.

Expérience

Trotte, rame, trotte, rame, et à travers ces deux types d’efforts bien différents, mais exécutés à toute intensité, un peu des deux, à l’avant ou à l’arrière, en poussant ou en tirant, selon les conditions des eaux et des glaces.

« À Montréal, on l’a assez facile en entraînement : on trotte sur la banquise, puis on rame sur les eaux : on n’a pas beaucoup de conditions intermédiaires... En compétition, c’est une autre histoire », dit Vincent C. Naud, 33 ans. Des surfaces mixtes où il n’est pas clair si trotter ou ramer serait le plus efficace : qu’est-ce qu’on fait, par exemple, dans deux pieds de sloche, pendant quarante minutes alors que la marée risque de monter ?

On gère (et on s’encourage).

« On étudie les conditions des eaux avant l’épreuve, on sélectionne la bonne cire selon les températures annoncées, mais malgré notre planification, les conditions varient tellement de jour en jour, et même d’heure en heure, qu’on n’a pas le choix de surtout s’adapter sur place », dit Florian.

Pour prendre la bonne décision dans le feu de l’action, en équipe, il faut avoir accumulé plusieurs essais-erreurs peu fructueux. Peu exposés à ces défis à Montréal, les Coureurs des glaces devaient apprendre « sur le tas », en pleine compétition.

Année après année, l’expérience est entrée.

« La synergie de l’équipe est aussi importante. Il ne faut plus penser qu’à notre position à bord : on doit se percevoir comme un tout, comme un bateau », dit Fiona.

Sport exigeant

Carburer au dépassement de soi est quasiment un prérequis pour être un coureur des glaces : le sport est exigeant par son intensité et par ses conditions de pratique. Être à bout de souffle à -25 C, ça fait pomper le cœur, les poumons... et tout le corps qui doit propulser l’embarcation par tous les moyens.

La motivation de s’adonner au canot à glace se retrouve toutefois ailleurs selon les Coureurs des glaces.

« Il n’y a pas meilleure activité pour profiter du plein air en hiver : on le vit à fond », dit Florian.

« S’entraîner sur le fleuve, l’hiver, un petit mardi soir de semaine devant le centre-ville tout lumineux... je me sens privilégié », dit Jean-François Fortin, qui en est à sa première saison.

Un privilège mérité, et de plus en plus partagé, alors que la petite communauté de canoteurs des glaces montréalaise grandit, chaque année. Et si c’était les premiers chapitres d’une longue histoire pour la métropole ?

 

Le Défi canot à glace Montréal

La 7e édition du Défi canot à glace Montréal aura lieu vendredi au bassin de l’Horloge, dans le Vieux-Port.

Les départs des quatre catégories (classe élite masculine, classe élite féminine, classe compétition et classe sport) se déroulent entre 12 h et 13 h.

Le parcours de proximité, une boucle d’un peu plus de 4 km répétée 3 à 4 fois selon les catégories, permet aux spectateurs qui se déplaceront de suivre de très près les coureurs. Selon les conditions des eaux et des glaces, l’épreuve prend en moyenne entre une et deux heures, ou plus.

Pour une première année, Montréal compte une équipe élite féminine : Yacht Club Montréal/Poralu Marine (équipe féminine) — no 117.

Quatre autres équipes de la métropole seront de la compétition parmi les 31 équipages présents :

  • Coureurs des glaces – no 105
  • Espace pour la vie – no 89
  • Les Draveurs de Montréal — no 103
  • Vive Montréal – no 375

Montréal est le 6e rendez-vous du circuit de sept épreuves du circuit québécois de canot à glace.


► Tous les renseignements au deficanotaglace.ca