/sports/opinion/columnists
Navigation

Les images plus fortes que tout

L’ex-juge de lignes Pierre Champoux a été témoin de comportements
déplacés trop souvent dans les arénas. « Les temps changent, mais les parents n’évoluent pas quand il s’agit de hockey », déplore-t-il.
Photo d’archives, Ben Pelosse L’ex-juge de lignes Pierre Champoux a été témoin de comportements déplacés trop souvent dans les arénas. « Les temps changent, mais les parents n’évoluent pas quand il s’agit de hockey », déplore-t-il.

Coup d'oeil sur cet article

Le hockey québécois est sclérosé. Ce n’est pas d’hier que nos arénas sont le théâtre d’incidents disgracieux. Conflits entre parents concernant l’utilisation de leurs enfants, intimidation à l’endroit des officiels, actes de violence, racisme, ils sont plusieurs à perdre toute contenance. C’est insensé !

L’ancien juge de lignes de la Ligue nationale Pierre Champoux résume bien la situation.

« Les temps changent, mais les parents n’évoluent pas quand il s’agit de hockey », déplore-t-il.

Champoux en a vu de toutes les couleurs comme officiel aux niveaux mineur et junior. Il a eu parfois besoin d’une escorte policière pour retourner à son véhicule. Un jour, à Laval, il a retrouvé sa voiture marquée d’une longue égratignure dans le stationnement.

Champoux s’est converti en entraîneur depuis qu’un malencontreux accident domestique a mis fin à sa carrière dans la LNH, il y a près de sept ans. Il est entraîneur adjoint avec les Intrépides de l’école des Chênes Bleus de Pincourt, équipe juvénile de classe D1 faisant partie du Regroupement étudiant sportif du Québec.

Erreur sur la cible

On serait porté à croire que les choses se passent de façon plus civilisée à ce niveau, mais il y a des écarts de conduite.

À l’automne 2017, Champoux a fait la préface d’un livre intitulé Quel est ton but ?, rédigé par une jeune éducatrice originaire de Châteauguay appelée Dominique Séguin. L’ouvrage porte sur le comportement des parents envers leurs enfants et les officiels.

« Des mesures sont prises pour contrer les abus verbaux et la violence dans les écoles », m’avait-elle dit à l’époque.

Or, c’est banalisé dans les arénas, avait-elle ajouté avec justesse. On dit que c’est normal et que ça devrait faire partie du hockey. »

Il y a deux semaines, Hockey Québec a lancé un guide qui enseigne aux intervenants du hockey mineur comment réagir face à la conduite excessive de certains parents.

« Cette nouvelle m’a interpellé, dit Champoux. C’est à la personne fautive de se conduire dans les règles, et non aux gens de lui dire comment bien se comporter. »

Intervenir

C’est comme l’incident survenu samedi soir à Saint-Jérôme, à l’occasion d’un match de la Ligue nord-américaine entre les Pétroliers du Nord et les Marquis de Jonquière.

Pendant que l’on s’émeut des propos racistes dont a été victime Jonathan Diaby et du traitement fait à ses parents dans les gradins, Georges Laraque se dit peu surpris.

Ça en dit beaucoup.

Comme Laraque, P.K. Subban a composé avec toutes les bassesses que lui causait la couleur de sa peau durant ses années dans le hockey mineur à Toronto.

Ça lui est arrivé aussi dans la Ligue nationale.

En 2014, des milliers de messages haineux de soi-disant partisans des Bruins lui avaient été adressés sur Twitter après qu’il eut marqué deux buts, dont celui de la victoire en deuxième période de prolongation, dans une victoire de 4 à 3 du Canadien en demi-finale d’association.

Chaque fois, politiciens et gens des médias dénoncent, mais ça continue.

Hier, le premier ministre François Legault et le député Enrico Ciccone ont intimé les amateurs à ramener à l’ordre les gens faisant montre de racisme dans les arénas. Ciccone a déclaré qu’il est de notre devoir de se lever et de se tenir droit.

Certes, mais ça peut entraîner des conséquences néfastes. Ça peut dégénérer. Il n’y a pas plus têtue qu’une personne ancrée dans ses préjugés.

Avant qu’il ne soit trop tard

Les réseaux sociaux sont peut-être la solution à la fin.

C’est à souhaiter que le type qui abreuvait d’insultes Jonathan Diaby, l’autre jour à Saint-Jérôme, ait eu honte quand il s’est vu sur Facebook, Twitter et à la télévision.

En janvier dernier, un entraîneur d’une équipe novice, Jean-Philippe Boudreau, s’est confondu en excuses auprès de son fils et de son équipe alors qu’il avait été capté sur caméra en train d’engueuler son enfant.

La leçon a porté.

« Il faut que ça arrête ! implore Pierre Champoux. C’est rendu trop loin et ça devient de plus en plus dangereux. »

À bon entendeur, salut !

Pauvres Alouettes !

Lors d’une entrevue avec Patrick Boivin à la fin de janvier, je lui avais demandé, comme ça, si Johnny Manziel serait de retour avec les Alouettes cette année.

« Y a-t-il quelque chose qui dit qu’il ne revient pas ? m’avait-il demandé d’un air surpris.

« Non, mais je te pose la question, lui avais-je répondu.

« Non, non, tout est en ordre », avait-il affirmé.

Mon intuition reposait sur l’idée que l’on peut s’attendre à tout avec Johnny Football.

La mauvaise nouvelle est finalement tombée hier. La Ligue canadienne de football a forcé les Alouettes à résilier le contrat qui les liait à Manziel et donné l’ordre à toutes ses autres équipes de ne pas embaucher le quart américain.

L’explication donnée par la LCF est que Manziel n’a pas respecté les conditions de son entente avec le circuit. Aucune raison précise n’a été donnée, mais on ne devrait pas tarder à le savoir.

Retour à la case départ

Les Alouettes se retrouvent donc où ils étaient à pareille date l’an dernier au poste de quart. Ils en comptent quatre en Antonio Pipkin, Matthew Shiltz, Vernon Adams et Jeff Matthews, mais aucun d’eux n’a fait la démonstration qu’il peut remplir la position de quart numéro un.

Pauvre Mike Sherman !

Pauvres partisans !

Ce ne sont pas les nouvelles couleurs et les nouveaux uniformes de l’équipe – exercice bien réussi soit dit en passant – qui vont ramener les amateurs au stade Percival-Molson.

Pendant ce temps, les Tiger-Cats de Hamilton sont morts de rire. En laissant partir Manziel l’an dernier, ils ont obtenu les choix de première ronde des Alouettes pour les années 2020 et 2021. Et le joueur de ligne défensive Jamaal Westerman, un des deux joueurs qu’ils ont acquis dans la transaction, est toujours avec l’équipe.

Pour leur part, les Alouettes n’ont plus que le joueur de ligne offensive Tony Washington.

Si Kavis Reed n’est pas responsable du départ de Manziel, il n’en demeure pas moins sur la corde raide.

Il n’y a pas à dire, cette organisation navigue en zone dangereuse. Elle aurait besoin d’un grand coup de barre.