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Marie-Ève Dicaire: c’est gênant

Marie-Ève Dicaire
Photo PIerre-Paul Poulin Marie-Ève Dicaire s’est hissée à un niveau de popularité qui n’a rien à voir avec son parcours en boxe.

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Je vais commencer par dire tout le bien que je pense de Marie-Ève Dicaire. C’est une belle et bonne athlète et, encore plus, une belle personne. La jeune femme est intelligente et il suffit de l’avoir écoutée en entrevue ou d’avoir discuté avec elle pour le réaliser.

En plus, grâce à Narimane, sa relationniste, on a réussi à en faire une vedette médiatique. Apparition à Tout le monde en parle, participation à des œuvres de charité ou à des activités de diverses fondations, Marie-Ève Dicaire s’est hissée à un niveau de popularité qui n’a rien à voir avec son parcours en boxe. C’est tant mieux pour elle et pour Yvon Michel, son promoteur.

Ce qui empêche Marie-Ève Dicaire de jouir d’une crédibilité professionnelle bien plus importante, c’est l’état de la boxe féminine. C’est un sport à ses débuts chez les pros, le plateau de bonnes boxeuses est une véritable peau de chagrin tellement il se rétrécit et les adversaires de qualité pour une « championne » sont très rares. Pour ne pas dire inexistantes.

Résultat prévisible

Le résultat est prévisible. Un soir donné, dans un casino de Montréal, une « championne du monde » doit affronter une pauvre jeune femme qui vient gagner respectueusement sa croûte en espérant le coup impossible et surtout en priant pour ne pas se faire blesser.

La fiche de Lina Tejada (12-5-0, 9 K.-O.), qui affrontera Dicaire (14-0-0, 0 K.-O.) le 23 mars, est gênante. C’est à se demander comment le très sérieux Michel Hamelin, le patron de la sécurité dans la boxe au Québec, a pu permettre la tenue de ce combat.

La dernière adversaire de Mme Tejada s’appelle Rocio De Leon. Elle avait une fiche de 1-21-2. Oui, vous avez bien saisi. Une victoire, 21 défaites et deux nulles.

Tejada a aussi vaincu Yoseidy Zarzuela, une fiche de deux victoires et 11 défaites. Ben calvaisse, une des deux victoires de Zarzala avait été obtenue contre Tejada lors d’un combat précédent.

Laurent Poulin, le spécialiste de Boxingtown, n’a jamais ménagé son appui envers Marie-Ève Dicaire. Laurent est un poète, c’est bien connu. Il est tellement ulcéré qu’il a l’intention de ne pas écrire un traître mot sur ce combat d’une de ses dulcinées.

Il a raison. Neuf des 12 victoires de Lina Tejada ont été « hautement » conquises contre des adversaires qui N’ONT JAMAIS GAGNÉ UN COMBAT. Parlez-moi d’une fiche d’aspirante à un titre mondial.

En plus, à part une exception, Mme Tejada s’est toujours battue chez les superlégères. Elle devra ajouter 20 livres pour affronter la championne.

C’est ridicule et je trouve triste de voir qu’une authentique athlète comme Marie-Ève Dicaire doive se plier à cette mascarade pour la première défense de son titre.

La faute à qui ?

Je ne cherche à blâmer personne. Je constate et j’informe les amateurs de boxe. Ça n’empêchera pas de vendre les 500 tickets pour le casino et je ne pense pas que cette tristesse puisse ternir l’auréole de championne de Marie-Ève Dicaire. Je pense que les lecteurs sont assez informés et intelligents pour comprendre que la jeune femme n’y est pour rien.

Yvon Michel se retrouvait dans un cul-de-sac. Marie-Ève veut boxer, le promoteur veut lui organiser des combats. Mais la réalité brutale, c’est que Marie-Ève Dicaire ne vend pas encore de tickets. Elle ne peut faire la finale au Centre Bell ou au Centre Vidéotron, toute championne soit-elle. C’était mission impossible.

L’exemple du hockey

De plus, la boxe professionnelle chez les femmes est encore vulnérable. On peut espérer que l’entrée de la boxe féminine aux Jeux olympiques va permettre au sport de se développer plus facilement. En 20 ans, le hockey féminin a progressé. Mais ça fait déjà 20 ans. On n’est pas rendu là avec la boxe.

Dans les petits poids, les Asiatiques fournissent une bonne quantité de boxeuses. Mais à 154 livres, les vraies adversaires se comptent sur les doigts d’une main. On fait quoi avec Mme Dicaire ? On attend qu’une d’entre elles se libère dans huit mois ?

En attendant, j’aurais une suggestion pour Marie-Ève. Je sais qu’elle doit aider à la promotion de ce show de casino. Elle veut aider Yvon Michel et c’est correct. Je sais aussi qu’elle a un grand cœur.

Mais elle est consciente de la situation. Elle y gagnerait à ajouter beaucoup de bémols dans ses entrevues.

Dehors les Wetenhall !

La tentation est fulgurante. Ce serait si facile d’écrire dehors Kavis Reed ! Dehors ce directeur général qui est en train de vider le stade Molson à lui tout seul.

Mais ce Kavis Reed, il y a un président qui le tolère, qui endure son incompétence.

Alors, faudrait-il écrire dehors Patrick Boivin !

Pourquoi ? Que décide Patrick Boivin, le président « officiel » des Z’Oiseaux ? Quelle est sa marge de manœuvre ? Quel est son pouvoir réel au sein de cette organisation broche à foin ?

On est donc sur la même ligne de pensée. Rien. Patrick Boivin, à part quelques idées de marketing qu’il défend avec conviction, n’a aucun pouvoir sérieux chez les Alouettes.

Débandade

Dans ce cas, le vrai coup de pied au cul, c’est aux Wetenhall qu’il faut le réserver.

Tant que le père, Bob Wetenhall, a été le patron en faisant confiance à Jim Popp, le ciel était bleu et le fun pognait au stade à chaque match. Ou presque.

Mais depuis que le fils Andrew a pris la relève et qu’il a fait confiance à ce Kavis Reed, c’est la débandade totale. Et il n’y a pas un Viagra en ce monde qui relancerait la patente. Rien à faire.

Les gens sont tellement écoeurés que les Alouettes vont finir par mourir à petits feux si rien n’est fait.

Y a une chose à faire : confier le mandat à Jacques Ménard de trouver des acheteurs, vendre l’équipe et revenir l’été pour le Festival de jazz.

Le jazz, pas besoin de Miles Davis pour que ce soit agréable.