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Meurtre de Noémie Lavoie: «il m’a enlevé ce que j’avais de plus cher»

Meurtre de Noémie Lavoie: «il m’a enlevé ce que j’avais de plus cher»
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Noémie Lavoie, cette jeune femme de 24 ans, tuée mardi soir dans un appartement du quartier Ahuntsic, avait prévu quitter Montréal, ville qu’elle adorait, mais où elle ne se sentait plus en sécurité, pour retrouver sa mère, mercredi au Saguenay.   

Noémie n’a toutefois jamais réussi à retourner «à la maison». Ce sont plutôt des policiers qui ont réveillé sa mère, Kathy Guay, tôt en matinée, mercredi matin pour lui apprendre la mort de sa fille.  

En entrevue au Québec Matin, Kathy Guay, a raconté les dernières heures avant le meurtre de sa seule enfant, mais également les années de sa relation avec son ex-conjoint aujourd’hui accusé, Ali Mahadi Mahamat, 23 ans.  

«Noémie c’était une fille qui aimait la vie, fallait que ça bouge, elle roulait à 100 miles à l’heure. Elle préférait la ville, elle aimait le métro. Elle ne voulait pas rester au Saguenay, elle disait que sa ville c’était Montréal, elle aimait ça.»  

La jeune femme a connu Ali Mahadi Mahamat en 2016. Elle avait même confié à sa mère qu’elle l’aimait, en disant: «mais, maman, je pense qu’Ali ne m’aime pas autant que moi».  

Selon sa maman, elle ne voyait que lui. L’individu qui a été incarcéré pendant deux ans a bénéficié du soutien de Noémie Lavoie tout au long de sa détention.  

«Je la disputais, parce que je trouvais que ça n’avait aucun sens, mais c’était son choix, à l’âge où elle était rendue, je n’avais plus de contrôle sur ça.»  

Sa fille lui a confié récemment qu’elle avait été victime de violence de la part de celui qu’elle aimait.  

«Il y a 15 jours, on s’est fait une fin de semaine mère-fille, puis elle s’est ouvert un peu plus en me disant que Ali lui avait porté des coups, ils s’étaient disputés. Il avait été violent avec elle.»  

La violence subie par Noémie a même alerté son employeur. Elle et son conjoint, Ali, travaillaient au même endroit.  

Lorsque l’entreprise a été informée que l’individu avait frappé la jeune femme, avec des preuves des séquelles physiques, il a été mis à la porte, selon sa mère.  

Des collègues de travail auraient également aidé Noémie à se reloger, à se trouver un appartement et se sont occupés d’elle.

Sa mère voulait la protéger

Sa mère a tout tenté pour la protéger, la convaincre de revenir à la maison, et de s’éloigner d’Ali.  

«Je lui ai dit qu’elle n’a pas le droit d’accepter de se faire toucher, pas le droit de vivre de la violence. Je lui ai dit: “Reste avec nous ici, tu es en sécurité. À chaque fois que tu pars, je suis inquiète”. Je lui avais tout lancé ces messages-là, mais je devais lui laisser vivre sa vie à un moment donné.»  

Kathy Guay est formelle: jamais elle n’a pensé qu’Ali Mahadi Mahamat, 23 ans auraient pu enlever la vie de sa fille.  

«Pour ce que j’ai vu de lui en cinq jours, je n’ai jamais pensé qu’il pouvait faire quelque chose comme ça à ma fille.»

Noémie a voulu rentrer

Elle aura réussi à convaincre sa fille de revenir dans sa région.  

«Elle m’a téléphoné dans l’après-midi au travail pour me demander des sous pour revenir au Saguenay. Je lui ai dit oui, quand je vais finir de travailler je vais te virer les sous dans ton compte. J’ai fait le virement à 17 h quand je suis sortie du travail. Elle m’a rappelé pour me dire: “Merci, maman je t’aime. Je vais prendre le train demain matin (mercredi) pour revenir avec toi à la maison.”»  

Le lendemain, Mme Guay s’attendait à voir sa fille, mais ce sont des enquêteurs qui lui ont téléphoné.    

«Elle n’avait pas de téléphone [pour demander de l’aide]. Je ne sais pas si elle a souffert. Est-ce qu’elle a eu le temps de penser à nous autres?», raconte la maman encore très émotive.  

«Il m’a enlevé la seule fille que j’avais et il n’avait pas le droit après tout ce qu’elle a fait pour lui. [...] Noémie se serait donnée pour les autres, elle donnait tout, elle ne gardait rien pour elle. Il m’a enlevé ce que j’avais le plus cher.»  

Elle urge les parents, même ceux dont les filles sont adultes, d’intervenir afin de protéger leur enfant.  

«Vous devez tout faire pour les sortir de là.»  

Accusé  

Ali Mahadi Mahamat aurait assassiné Noémie à coups de couteau. Selon les informations du Journal de Montréal, l’homme de 23 ans lui aurait tranché la gorge à la suite d’une violente dispute.  

Ce serait un de ses proches qui aurait appelé les policiers dans l’appartement familial d’un complexe d’habitation à loyer modique situé sur la rue Sauriol Ouest, dans le quartier Ahuntsic.  

L’individu originaire du Tchad a été arrêté sur place et a été accusé hier de meurtre non prémédité.  

Il risque également la déportation vers son pays d’origine.