/news/currentevents
Navigation

Pas de sorties pour le meurtrier d’une ado

Le prisonnier est toujours considéré comme une personne trop instable

Bruno Serre et Darlene Ryan, le père et la belle-mère de Brigitte Serre, tiennent une photo d’elle à la sortie de l’audience.
Photo collaboration spéciale, Amélie St-Yves Bruno Serre et Darlene Ryan, le père et la belle-mère de Brigitte Serre, tiennent une photo d’elle à la sortie de l’audience.

Coup d'oeil sur cet article

SAINTE-ANNE-DES-PLAINES | Il est encore trop tôt pour que le meurtrier d’une adolescente assassinée de 72 coups de couteau puisse bénéficier de sorties chez la femme qu’il a épousée en détention, a tranché jeudi la Commission des libérations conditionnelles du Canada.

Les proches de Brigitte Serre, assassinée à 17 ans dans une station-service de Saint-Léonard, en 2006, célèbrent une petite victoire, mais restent amers. Témoigner devant les libérations conditionnelles 13 ans après le meurtre de l’adolescente a été très pénible pour eux.

« Ce n’est pas notre choix à nous. On est ici à cause des actes que lui a commis. On fait ça en l’honneur de ma sœur », a dit Amélie Serre, après l’audience, qui avait lieu à l’établissement d’Archambault.

La demande du meurtrier Sébastien Simon de bénéficier de quatre sorties de sept heures par année avec escorte, pour aller chez la femme qu’il a épousée en 2017, a par ailleurs été refusée.

La mère Anna-Lisa Repele.
Photo collaboration spéciale, Amélie St-Yves
La mère Anna-Lisa Repele.

Risque de récidive modéré

L’homme a cheminé pendant son incarcération, mais il est encore impulsif et a du mal à parler de ses émotions, ont expliqué les commissaires.

Le risque de récidive violente de l’homme de 31 ans, qui en avait 18 lors des événements, est par ailleurs modéré, selon une évaluation psychologique.

La famille de la victime ignorait que le meurtrier s’était marié au pénitencier après trois mois de fréquentation et que son épouse lui rendait visite deux fois par semaine.

« C’est quoi, ça ? Moi, Brigitte ne vient pas me voir deux fois par semaine, même pas dans mes rêves », a dit la mère de la victime Anna-Lisa Repele.

Dans une lettre lue durant l’audience, le père de la victime, Bruno Serre, a confié avoir longtemps été rongé par la culpabilité et avoir développé des problèmes cardiaques depuis les événements.

« Pour moi, je n’avais pas fait mon devoir de père, qui était de protéger ma fille », a-t-il lu, la gorge nouée.

Le 25 janvier 2006, Sébastien Simon est entré avec un complice dans une station-service Shell où Brigitte Serre remplaçait pour la première fois, de nuit.

L’objectif initial était de voler pour rembourser des dettes de drogue. Sébastien Simon était un ancien employé de l’endroit que la victime avait dénoncé peu de temps avant et qui avait perdu son travail.

« Impulsif »

Sébastien Simon et son complice l’ont attachée dans l’arrière-boutique et ont commencé à voler des cigarettes. Ils ont servi des clients entre-temps comme si de rien n’était, mais l’adolescente a réussi à se défaire de ses liens. Elle a fait face à Simon alors qu’elle s’apprêtait à se sauver.

« Toutes les émotions sont sorties en même temps, je n’ai pas réfléchi. J’étais impulsif et je ne pensais pas plus loin que ma propre personne à cette époque-là », a avoué le meurtrier lors de l’audience. Brigitte Serre a été assommée, puis poignardée 72 fois.

Simon a plaidé coupable de meurtre prémédité et a été condamné à la prison à vie sans libération conditionnelle avant 25 ans.

Le juge a toutefois précisé qu’il pourrait demander une révision de ce délai au bout de 15 ans.

Ainsi, la famille de la victime sait qu’un autre combat l’attend dans deux ans à peine afin qu’il ne sorte pas du pénitencier avant d’avoir purgé 25 ans.