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La faute grave de Justin Trudeau

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Justin Trudeau clame haut et fort qu’il a toujours respecté l’indépendance du processus judiciaire. Le témoignage percutant de Jody Wilson-Raybould tend à démontrer le contraire.  

En fait, le premier ministre semble avoir tenté de faire indirectement ce qu’il ne pouvait pas faire directement. Est-ce moins pire ? Absolument pas !  

Facteurs aggravants  

Résumons les faits. Plus personne ne peut sérieusement affirmer que l’ancienne procureure générale n’a pas fait l’objet de pressions répétées et intenses. Évidemment, chacun pourrait y aller de son interprétation, selon son niveau de tolérance, pour juger de l’aspect « indu » de la chose.  

À ce jeu, le premier ministre peut toujours s’en tirer. Mais il y a deux autres aspects qui sont destructeurs pour ce dernier.  

Tout d’abord, il y a cette ingérence politique à des fins partisanes, alors que madame Wilson-Raybould rapporte que, à plusieurs reprises, l’élection québécoise fut invoquée pour tenter de la faire plier. C’est grave, très grave.  

Puis, il y a cette notion d’interférence dans le processus légal. S’il est vrai que le PM n’a pas forcé sa ministre à intercéder en la faveur de SNC-Lavalin, c’est la suite des choses qui soulève des questions fort délicates. Il apparaît évident qu’en raison de son refus d’obtempérer, la ministre fut dégommée. Et selon son récit, sa sous-ministre aurait été informée au préalable par le ministère du Premier ministre, qui lui aurait demandé de se préparer à sensibiliser le nouveau ministre au dossier de SNC-Lavalin.  

Prenez un moment pour relire le paragraphe précédent. Comment qualifier cette démarche autrement qu’une ingérence indirecte dans l’indépendance judiciaire ?  

PM affaibli  

À la lumière de ces faits, il n’est pas exagéré de se questionner sur la légitimité de ce premier ministre. Il aura fort à faire pour se sortir de ce bourbier. Et pour l’instant, il ne parvient pas à convaincre qui que ce soit.