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L'accès à un conseiller en orientation: un service essentiel dans nos écoles

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

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L'Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec (OCCOQ) est fortement préoccupé par l'accès aux services d'orientation dans le réseau scolaire. Tel que révélé dans un article du 27 février 2019 du Journal, il est difficile, voire impossible pour certains élèves, de rencontrer un conseiller ou une conseillère d’orientation (c.o.) au moment où ils en ont besoin. Il s’agit d’une situation inquiétante, dont le gouvernement doit s'occuper sérieusement.

Au-delà de l’aide au choix professionnel, les c.o. accompagnent les élèves tout au long de leur parcours. Ils les aident à donner un sens à leurs études et à construire leur identité, dans une période de la vie où le doute est souvent présent. Il faut pouvoir attribuer un sens à un projet afin de maintenir les efforts requis pour réussir, surtout dans les périodes plus difficiles. Et lorsqu’il s’agit de persévérance scolaire, les données issues de la recherche en sciences de l’éducation nous démontrent clairement qu’un projet – d’études ou de carrière – stimulant et mobilisant, qui correspond aux aspirations et à l’identité de l’élève, est un facteur reconnu de motivation et de réussite scolaires. Ainsi, l’accès à un c.o. peut faire toute la différence dans le parcours des élèves.  

Les données alarmantes sur les ratios c.o. / élèves dans les écoles secondaires du Québec (publiées dans Le Journal) reflètent la difficulté d’accès aux services d’orientation en temps opportun pour les élèves qui en ont besoin. Par ailleurs, le rapport de recherche Orientation pour tous au secondaire public : mythe ou réalité au Québec ? (2018) démontre bien l’inégalité et la variation de cet accès dans le réseau scolaire public. Pensons aux élèves qui ont des besoins particuliers, qui ont des difficultés scolaires et qui peuvent avoir le sentiment que les portes se ferment pour eux. Pensons aussi aux élèves plus doués, qui font face à une multitude de choix, sans savoir lequel privilégier. L’accompagnement en orientation est bénéfique pour tous les élèves, pour aller au-delà des outils d’information scolaire et des listes de métiers en pénurie de main-d’œuvre. Ils se connaissent souvent peu et s’imposent une forte pression pour ne pas se tromper, ce qui génère fréquemment de l’anxiété qui ne favorise pas une prise de décision éclairée. Les laisser sans accompagnement dans cette situation les rend encore plus vulnérables. 

Récemment, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, s’exprimait en ces mots en entrevue avec Paul Arcand : «Il y a des ressources que l’on veut ajouter, des conseillers d’orientation. Pour rester accroché, il faut avoir un objectif, il faut avoir un but. Et s’il n’y a pas de suivi personnalisé avec un conseiller d’orientation, c’est dur de rester accroché.» Nous saluons cette position du ministre et l’invitons à aller de l’avant rapidement dans ce dossier. À ce titre, l’Ordre poursuit présentement ses démarches pour obtenir une rencontre avec ce dernier et lui offrir sa collaboration afin d’améliorer l’accès aux services d’orientation pour les élèves.

Des solutions, il y en a. Depuis trois ans, l’OCCOQ offre une démarche de formation, de coaching et d’accompagnement aux écoles dans le but d’évaluer les besoins en orientation et les ressources nécessaires à mettre en place pour y répondre, c’est-à-dire la Planification des services d’orientation en milieu scolaire. Aussi, de belles initiatives sont déjà en place dans certaines écoles du Québec et connaissent du succès. Elles doivent servir de modèles, sur lesquels le ministre devrait s’appuyer pour réaliser sa promesse.

Qu’attendons-nous pour donner à l’orientation l’importance qu’elle a vraiment au Québec?

Josée Landry, c.o., présidente de l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec