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Le pasteur et sa femme faisaient peur avec l’enfer

Le couple a obtenu sa libération conditionnelle vendredi après avoir comparu

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Le pasteur de Longueuil et sa femme accusés d’avoir infligé des châtiments corporels à des enfants n’hésitaient pas à évoquer les atrocités de l’enfer afin de renforcer leur emprise psychologique sur les fidèles, témoignent des anciens de la congrégation.

« Ils nous faisaient peur avec l’enfer et nous disaient que si on partait, on allait être condamnés à tout jamais. Le pasteur se disait proche de Dieu au point qu’il pouvait influencer ses décisions », témoigne une ex-fidèle venue assister vendredi à la comparution de Mario Monette et Carole Van Houtte au palais de justice de Longueuil.

Mario Monette et Carole Van Houtte.
Courtoisie
Mario Monette et Carole Van Houtte.

Selon plusieurs témoignages de personnes dignes de foi, mais qu’on ne peut identifier en raison d’un interdit de publication, Monette souhaitait avoir un contrôle absolu sur son église et sur les décisions de ses membres.

« Ça prenait son approbation pour tout, dans tous les aspects de nos vies. Quand ça ne faisait pas son affaire, il se fâchait et nous traitait de rebelles, qu’on allait se retrouver en enfer », soutient une ancienne adepte, qui a quitté l’Église biblique baptiste métropolitaine sud en 2012.

Familles brisées

D’après une autre ex-fidèle, le couple aurait « brisé de très nombreuses familles ».

« Lorsque des gens quittaient l’Église, c’est comme s’ils étaient morts pour nous. Même si c’était un frère, une sœur, une fille ou un père. Peu importe, ils voulaient nous maintenir dans une bulle coupée du monde », affirme-t-elle.

Tous ont confirmé qu’il était mis de l’avant d’infliger sévèrement des châtiments corporels aux enfants afin de s’assurer de leur « obéissance totale » et qu’il était même mal vu de ne pas les corriger.

Le couple a brièvement comparu vendredi pour faire face à un total de 32 chefs d’accusation, notamment d’agression armée, de voies de fait, d’avoir infligé des lésions corporelles, de menaces, de séquestration et d’incitation à commettre un acte criminel. Les gestes allégués concernent huit victimes alléguées et se seraient produits entre 1974 et 2019.

Ils ont obtenu leur libération, mais ils devront respecter de sévères restrictions.

Il leur est interdit d’entrer en contact avec les témoins ou les victimes présumées dans cette affaire et ils devront remettre leur passeport. Ils ne pourront prendre la parole dans un événement religieux ou occuper le poste de ministre de culte. C’est donc dire qu’ils ne pourront plus s’adresser à leurs fidèles. Ils ne peuvent d’autre part se retrouver en position d’autorité vis-à-vis de jeunes de moins de 16 ans.

« Le ministère public sent que la population est en sécurité face à un individu remis en liberté avec ces conditions-là », a affirmé le procureur de la Couronne, Miguel Boisvert, précisant qu’il n’a « aucune raison de soupçonner qu’ils ne respecteront pas les conditions ».


► Le couple reviendra devant le tribunal le 29 avril.