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Affaire SNC! Pendant ce temps...

GEN-JUSTIN-TRUDEAU
Photo Agence QMI, Joêl Lemay La crise politique terrible qui a frappé Justin Trudeau a empêché les libéraux de capitaliser sur la baisse de la pauvreté au pays.

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Une semaine simplement catastrophique pour Justin Trudeau. À un moment, nous en sommes même venus à nous demander s’il allait passer au travers. Non seulement son gouvernement a créé une crise immense, mais lui, comme chef, s’est placé dans l’œil de la tornade.

Le témoignage de l’ex-ministre Wilson-Raybould a été dévastateur. Monsieur Trudeau a lui-même élevé cette femme au rang de symbole, d’intouchable, d’ange au-dessus de la mêlée politique. Puis, il a voulu l’amener dans les couloirs plus sombres de la « réelle politique » libérale.

Le gâchis a été total et le premier ministre en sort affaibli. Pourtant, cette dernière semaine de février réservait au gouvernement libéral une nouvelle inespérée. Un trésor politique tiré des données de Statistique Canada.

La pauvreté a significativement reculé au Canada ! En particulier, on remarque une baisse de la pauvreté des enfants. Il s’agit d’une bonne nouvelle en soi, mais certainement d’une donnée récupérable au plus haut point pour le gouvernement en place.

Les enfants

Le parti de Justin Trudeau avait promis pour son mandat de diminuer de 300 000 le nombre d’enfants vivant sous le seuil de la pauvreté. Croyez-le ou non, le chiffre a non seulement été atteint, mais dépassé. Selon les données publiées cette semaine, le Canada compte aujourd’hui 315 000 enfants pauvres de moins qu’en 2015.

Pour l’ensemble de la population, la proportion de personnes en situation de pauvreté est passée sous la barre des 10 %. Elle a été en baisse constante depuis l’arrivée au pouvoir de Justin Trudeau. Ce n’est pas parfait, mais c’est un réel progrès.

Je viens de vous résumer en termes simples et avec quelques chiffres la nouvelle que les Libéraux auraient voulu voir sortir de la Chambre des Communes cette semaine. L’incapacité de passer ses messages politiques, cela fait aussi partie du prix élevé d’une crise politique.

Inaperçue

La grosse bonne nouvelle de la semaine passe totalement inaperçue. Gaspillée comme une étoile filante un soir où le ciel est couvert. Les libéraux en train de me lire doivent chiffonner les coins du journal en rageant de repenser à une nouvelle si positive qui soit tellement passée dans le beurre.

Dans les faits, il y a tout un débat à y avoir sur les causes de cette baisse de la pauvreté. Les libéraux prendront tout le crédit, avec leur allocation pour enfants. Mais soyons francs. Cette allocation constitue une partie de l’explication. La bonne tenue de l’économie dans toute l’Amérique du Nord aide aussi.

Si la pauvreté baisse depuis 2015, les Conservateurs prendraient aussi un bout du crédit. Justin Trudeau a été élu à l’automne 2015. Il a fallu un peu de temps avant que ses actions aient leur effet. Sauf que, tout ça, c’est du placotage. En politique, le gouvernement en place est naturellement celui qui récolte le fruit des bonnes nouvelles. C’est ce qui aurait dû arriver au gouvernement Trudeau cette semaine.

Madame Wilson-Raybould en a voulu autrement.