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La débâcle financière à la suite d’un divorce ou une séparation

La débâcle financière à la suite d’un divorce ou une séparation
Illustration Adobe Stock

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Plusieurs événements peuvent compromettre votre équilibre budgétaire, surtout si celui-ci était déjà précaire. Une perte d’emploi, une longue maladie, mais aussi la séparation et le divorce, peuvent vous mener tout droit à la débâcle financière.

Après plusieurs années de vie commune, Jacques et Françoise doivent en arriver à une triste conclusion : leur couple ne fonctionne plus et ils ont décidé de se séparer. Mais peu de temps après avoir déménagé chacun de leur côté, Jacques commence à éprouver de sérieux problèmes financiers. Travailleur autonome avec des contrats irréguliers, c’est bien souvent le salaire de sa conjointe, employée salariée, qui permettait au ménage de joindre les deux bouts.

Avec tous les frais engendrés par le déménagement, l’achat de nouveaux électroménagers et de meubles, sans parler du fait qu’il ne peut plus partager les dépenses, il a beaucoup utilisé ses cartes de crédit. Deux ans après la séparation, il a accumulé des dettes de 18 000 $ et il peine à faire face aux dépenses courantes.

Une faillite inévitable

Jacques a réalisé que s’il n’effectuait que les paiements minimums mensuels de 540 $ sur ses cartes, à des taux d’intérêt de 19 %, il devra débourser cette somme pendant environ 25 ans pour liquider sa dette ! Et encore faudrait-il qu’il n’utilise pas ses cartes entre-temps... Ses revenus sont très irréguliers et il ne parvient pas toujours à faire les paiements minimums exigés. Pris à la gorge et commençant à recevoir des demandes de plus en plus pressantes de ses créanciers, il décide d’aller consulter un bureau de syndic.

Compte tenu de sa situation financière imprévisible et de ses revenus fluctuants, c’est l’option de la faillite qui s’est imposée dans son cas. Éric Lebel, syndic autorisé en insolvabilité chez Raymond Chabot, indique d’ailleurs qu’un grand nombre de dossiers d’insolvabilité est occasionné par une séparation ou un divorce. « C’est un simple calcul mathématique. Selon les normes établies par le Bureau du surintendant des faillites, les revenus jugés nécessaires pour avoir un niveau de vie raisonnable sont d’environ 2100 $ par mois pour une personne seule et de près de 2700 $ pour deux personnes », dit-il.

Admettons que le revenu familial d’un couple soit de 4500 $ par mois. En principe, il sera capable de débourser sans difficulté ces 2700 $. Il devrait aussi réussir à mettre de l’argent de côté, pour la mise de fonds pour acheter une maison par exemple. En revanche, en cas de séparation, le coût de la vie ne sera plus de 2700 $, mais bien de deux fois 2100 $.

« Lorsqu’on se sépare, il devient difficile et parfois même impossible de faire des économies. Les gens ont plus de difficulté à payer leurs dettes : le coût de la vie engloutit déjà une bonne partie de leurs ressources, car désormais ils doivent assumer seuls les dépenses qu’ils partageaient auparavant », souligne Éric Lebel.

Après une séparation, il faut également se procurer certains meubles, électroménagers, parfois un nouveau véhicule, en plus de trouver un nouveau toit. Si vous devez payer une pension alimentaire, cela réduira aussi les liquidités disponibles. Au bout du compte, vous devrez revoir votre budget en conséquence et vivre selon vos moyens.

Conseils

  • Vous vous êtes porté garant de la dette de votre conjoint pendant que vous étiez en couple et vous en êtes conjointement et solidairement responsable ? Attention : le créancier pourrait exiger que vous remboursiez la totalité de cette dette si votre ex-conjoint ne s’acquitte plus de ses obligations. C’est valable notamment pour les prêts hypothécaires, prêts automobiles, prêts personnels, cartes de crédit conjointes. Ce type de situation peut vous mener tout droit à la débâcle financière, voire à la faillite.
  • Sachez qu’il est impossible de se libérer des dettes de pension alimentaire, et ce, même en faisant faillite. « On ne peut pas se servir de la faillite pour suspendre les droits de son ex-conjoint(e) en matière de pension alimentaire », prévient Éric Lebel.
  • Dans certains cas, une faillite peut vous mettre à l’abri du droit de créance auquel pourrait prétendre votre ex-conjoint(e), par exemple sur sa part de la maison familiale. Votre ex deviendra alors un créancier au même titre que les autres.