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L’Everest

Les hauts et les bas de la vie de maman, racontés avec franchise et autodérision

L’Everest
Illustration Adobe Stock

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Je me vois encore. La petite mère hystérique qui s’élance au secours de son petit. Rien ne pouvait m’arrêter. Sauf, peut-être, le gros bon sens.

C’était un beau samedi d’hiver ensoleillé. Pas chaud sans être trop froid. Journée idéale pour dévaler la butte du parc Lafond avec les petits. Après avoir réussi à habiller le plus vieux et avoir bien emmitouflé bébé dans son petit traîneau en bois de style vintage que tous les parents accros d’Instagram s’arrachent, nous avons pris d’assaut les trottoirs glacés du quartier pour nous rendre là où la joie de vivre hivernale nous attendait.

Aussitôt arrivés, je m’installe en bas de la côte avec mon paquet d’amour bien au chaud, observant monsieur mon mari et mon grand escalader gaiement l’Everest rosemontois un brin accidenté.

Il faut dire qu’avec les écarts de températures des dernières semaines, la pente à glisser en a pris pour son rhume. Impossible de descendre pépère sans être propulsé en fou par une plaque de glace pour ensuite être stoppé net en milieu de parcours par un amoncellement de neige tapée béton. Je le sais parce que je les ai vus les jeunes préados se la péter quand on a tourné le coin de la rue. Une maman, ça voit tout. Une maman, ça voit trop.

Ça fait que là, déjà que j’anticipais l’éventuelle descente en traîneau, j’aperçois mon aîné s’éloigner de deux pas de son père (euh, tu fais quoi mon grand ?), poser son popotin au sol, s’allonger (non, non, non !) et commencer à rouler. Et rouler. Et. Rouleeeer !

À ce moment précis, ce que j’ai vu, c’est mon garçon en train de dévaler une montagne escarpée à toute vitesse, pareil comme les images-chocs d’un skieur olympique qui se la pète SOLIDE, ses membres virevoltant dans tous les sens. Même. Affaire. Dans ma tête, mon fils arriverait en bas de la côte en mille morceaux. Une toute petite fraction de seconde, et j’imaginais déjà le pire en courant comme une folle dans sa direction. Moi qui pensais que j’étais une fille zen.

Mon mari en rit encore.

En réalité, au bout de 3-4 roulades, c’était déjà fini. Et puis l’inclinaison de la pente avait clairement l’air pire vue d’en bas qu’en haut. Il paraît. La vérité, c’est qu’un cœur de mère, ça anticipe le danger partout. Parce qu’on ne sait jamais, tsé.

Je vous laisse sur la citation d’une certaine Katharine Hadley. « Décider d’avoir un enfant, c’est accepter que notre cœur se sépare de notre corps et marche à nos côtés pour toujours. »

C’est tellement ça.